La technologie moderne ne se limite plus à résoudre des problèmes pratiques ou à améliorer notre confort quotidien. Elle s’aventure désormais dans les territoires émotionnels, cherchant à aider les individus à naviguer dans le deuil et la perte. Parmi les développements récents, l’émergence des « griefbots », « thanabots » et « deadbots » soulève des questions fascinantes et troublantes sur la façon dont nous pouvons gérer la mort et les souvenirs de nos proches.

Ce qui change

Les griefbots représentent une avancée dans ce que l’on pourrait considérer comme une extension numérique de la vie. Contrairement aux simples archives photographiques ou aux souvenirs matériels, cette technologie utilise des données collectées à partir des interactions numériques d’un individu, notamment des messages textes, des e-mails et même des enregistrements vocaux. Cela permet de créer une IA capable d’imiter la personnalité, la voix et le style de communication de la personne disparue, offrant une forme de réconfort aux endeuillés.
Comment cela fonctionne
Pour matérialiser cette expérience, les griefbots analysent les interactions passées et d’autres empreintes numériques d’un individu. À partir de ces données, ils peuvent générer des messages ou simuler des conversations en utilisant des algorithmes avancés de traitement du langage naturel. Le processus commence généralement par une collecte extensive des données de la personne, suivie par le développement d’un modèle d’IA qui imite son style de communication. Dans certains cas, comme celui de Martha et de son ami Ash, l’utilisation d’androïdes imitant l’apparence physique de la personne décédée ajoute une dimension supplémentaire à cette expérience numérique. Cela permet aux utilisateurs de vivre des « conversations » avec ceux qu’ils ont perdus dans une sorte de réalité augmentée du deuil.
Ce qu’il faut vérifier
Il est impératif de considérer les implications éthiques et psychologiques de l’utilisation de ces technologies. D’une part, elles peuvent offrir un certain confort, mais d’autre part, elles soulèvent des questions sur la manière dont nous avons affaire à la mort et au souvenir. Par exemple, quelle est la limite entre le souvenir et une forme de déni? Les griefbots pourraient-ils prévenir un processus de deuil sain? Ces technologies sont encore à un stade précoce, et leur impact à long terme sur la psyché humaine demeure incertain, ce qui mérite une exploration rigoureuse.
Ce que cela change pour les utilisateurs
Pour les utilisateurs, ces technologies peuvent sembler offrir une forme de résilience face à la douleur de la perte. Elles permettent aux gens de garder une connexion apparente avec leurs proches disparus, transformant ainsi leur expérience du deuil. Cependant, il est essentiel de comprendre que cette interaction avec un « double numérique » ne remplace pas la nécessité d’accepter la réalité de la mort. En ouvrant cette nouvelle dimension de l’interaction avec les défunts, nous avons non seulement la possibilité de préserver la mémoire, mais aussi le risque de perdre quelque chose d’essentiel dans notre processus de deuil.
Source : Courrier international – Actualités France et Monde, vidéos, infographies
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