Le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a affirmé que la France serait le pays le moins sélectif en matière d’accès à l’enseignement supérieur. Toutefois, cette assertion soulève de nombreuses questions et nécessite une analyse approfondie des chiffres et des nuances qui l’entourent.

L’affirmation vérifiée

Le ministre Philippe Baptiste a déclaré : « Nous sommes le pays le moins sélectif de l’ensemble des pays de l’OCDE » concernant l’accès à l’enseignement supérieur, lors d’une intervention sur Franceinfo le 29 octobre 2026. Cette affirmation s’appuie sur un rapport de l’OCDE, qui stipule qu’en 2024, 95 % des candidats ont obtenu une place dans un programme d’enseignement supérieur.
Ce que montrent les faits
Bien que le chiffre de 95 % soit correct, il mérite un contexte plus large. Le taux montre seulement la proportion de candidats ayant reçu au moins une offre de formation, mais ne reflète pas la selectivité des différentes formations ni la satisfaction des candidats quant à l’accès à leur filière souhaitée. De plus, en France, le taux d’inscription des candidats admis était de 83 % en 2024, selon l’OCDE. Cela signifie que 17 % des admis n’ont pas finalisé leur inscription dans tout programme, un indicateur important de la complexité du système.
La vérification
Selon l’économiste Julien Grenet, ce chiffre peut être trompeur. Il précise que le taux ne permet pas de conclure que la France est moins sélective que d’autres pays en matière de qualité des formations et de succès des étudiants. En effet, l’OCDE note que « l’inscription à un programme ne conduit pas nécessairement à son achèvement avec succès », ce qui pose question sur les taux d’échec en première année de licence, qui frôlent les 50 %.
En outre, les disparités entre les différentes filières sont notables. Par exemple, seuls 34 % des nouveaux inscrits dans les universités publiques ont obtenu leur licence dans le temps théorique de trois ans, ce qui fait de la France l’un des pays les plus en retard par rapport à la moyenne de l’OCDE.
Pour approfondir ces données, un bilan de la procédure d’admission sur Parcoursup en 2026 révèle que 32 939 bacheliers professionnels ont fait un vœu en BTS sans obtenir de proposition. Cela indique un écart significatif entre les attentes des étudiants et les offres disponibles.
Les sources et les données
Les différentes sources utilisées pour cette vérification incluent le rapport de l’OCDE, les statistiques du ministère de l’Enseignement supérieur, ainsi que des études élaborées par des économistes spécialistes de l’éducation. Les chiffres concernant les taux de réussite, d’inscription et de sélection ont été examinés et recoupés pour établir une vision précise du contexte éducatif en France.
Verdict
Verdict : Partiellement vrai. L’affirmation du ministre sur la France comme pays le moins sélectif en matière d’accès à l’enseignement supérieur ne prend pas en compte la complexité des réalités sur le terrain, incluant les disparités entre les filières et les taux d’échec qui suivent les inscriptions. Si le taux d’acceptation est effectivement élevé, il est essentiel de nuancer ce constat par d’autres indicateurs de réussite et de satisfaction des étudiants.
Ce qu’il faut retenir
La déclaration du ministre présente un tableau en partie vrai, mais elle omet des aspects cruciaux de l’accès à l’enseignement supérieur en France, qui sont bien plus nuancés et nécessitent une réflexion critique. Le système d’éducation français, bien qu’il offre des possibilités d’accès, démontre également des défaillances significatives dans la correspondance entre l’offre et la demande, ainsi qu’un taux d’échec préoccupant lors du passage en deuxième année dans les cursus universitaires.
Source principale : franceinfo- Vrai ou faux (www.franceinfo.fr)
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