Dans un entretien publié le 28 octobre 2026, le ministre de la Justice de la République démocratique du Congo, Guillaume Ngefa, défend la conduite des procédures contre la corruption et les discours de haine. Il affirme que plusieurs enquêtes sont en cours, notamment sur des crimes présumés dans l’est du pays, tout en invoquant le secret de l’instruction pour expliquer le peu d’informations communiquées publiquement.

Des enquêtes sans communication détaillée

Interrogé sur le sentiment d’impunité qui entoure certains dossiers de détournement de fonds publics, le ministre indique que des enquêtes ont été ouvertes pour des faits présumés de corruption, de détournement ou de concussion. Il souligne toutefois que les autorités ne rendent pas compte publiquement de chaque étape d’une procédure.
Guillaume Ngefa affirme que des magistrats ont déjà été condamnés et que des avocats ont été sanctionnés ou radiés dans le cadre d’allégations de corruption. Il ne précise ni les affaires concernées ni l’identité des personnes visées. Selon lui, les autorités communiqueront lorsque cela sera nécessaire, sans compromettre les procédures en cours.
Le ministre oppose ainsi le rythme judiciaire à l’attente de résultats rapides et visibles. Il rappelle que les informations relatives à une instruction sont couvertes par le secret, ce qui limite les détails pouvant être rendus publics.
Dans l’est, une dizaine d’injonctions évoquées
La question de l’impunité concerne également les violences commises dans l’est de la RDC. Guillaume Ngefa reconnaît l’existence d’un sentiment d’impunité dans cette partie du pays et affirme avoir demandé l’ouverture d’enquêtes. Celles-ci sont menées par des juridictions militaires, selon ses déclarations.
Le ministre indique que certains dossiers portent sur des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité. Il dit avoir signé, « si ma mémoire est bonne », une dizaine d’injonctions concernant des faits commis dans l’est, dont certaines liées à des violences sexuelles. Il ajoute que la Cour pénale internationale a aussi ouvert des enquêtes sur des situations dans cette région.
Il explique que les autorités ne détaillent pas ces investigations afin de protéger d’éventuels témoins et de préserver les procédures. Son entretien ne précise pas les dossiers visés ni leur état d’avancement individuel.
La procédure contre le Rwanda reste réservée
La RDC a déposé une requête contre le Rwanda devant la Cour internationale de Justice. Guillaume Ngefa indique qu’un calendrier a été établi pour l’échange des mémoires entre les parties. Il refuse de commenter davantage le déroulement de cette procédure, en invoquant l’engagement de ne pas s’exprimer publiquement à son sujet.
Le dossier Fils Mokoko en instruction
Autre volet abordé : les propos attribués à Fils Mokoko, militant de l’UDPS, accusé d’avoir tenu des menaces à l’encontre de ressortissants étrangers. Le ministre indique que la personne concernée a été traduite en justice et que l’affaire est en cours d’instruction. Il ne donne pas d’autres éléments sur la procédure.
Guillaume Ngefa affirme avoir adressé une circulaire aux parquets pour qu’ils puissent se saisir d’office des faits relevant de l’apologie de crimes ou de l’incitation à la haine sur les réseaux sociaux. Il précise que cette ligne concerne toute personne utilisant l’espace numérique congolais pour inciter à la violence ou viser des individus ou des groupes. Il présente l’action gouvernementale comme reposant à la fois sur la prévention et sur les poursuites judiciaires.
Le ministre ajoute que les propos concernés ont été condamnés par le Parlement et par le parti de la personne mise en cause. Il assure que la règle s’applique également aux membres du parti au pouvoir. À ce stade, il n’annonce pas de décision judiciaire dans cette affaire, qui reste, selon lui, en instruction.
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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