À Lyon, en cette période de la Toussaint, Sylvie, une graveuse de tombes de 70 ans, continue d’exercer son art au cimetière de La Croix-Rousse. Elle est l’un des derniers artisans à graver à la main, un savoir-faire en voie de disparition qui mérite d’être mis en lumière.

Une passion pour la gravure
Installée sur la pierre dans le cimetière, Sylvie évoque sa passion pour son métier. Elle explique : « J’aime être seule. » Cet amour pour la gravure l’a conduit à débuter sa carrière en 1986, après avoir été formée aux Beaux-Arts de Lyon. La rencontre fortuite avec un graveur, lui confiant son désir d’apprendre le métier, a marqué le début de son parcours. Bien qu’elle ait diminué son rythme de travail avec l’âge, elle attire l’attention sur l’augmentation des commandes avant la Toussaint, période critique pour les artisans du secteur funéraire.
Les défis du métier
Sylvie partage les défis que représente son métier, notamment les conditions climatiques parfois extrêmes. En hiver, elle utilise des chaufferettes, alors qu’en été, la chaleur de la canicule rend son travail plus ardu. Malgré ces difficultés, elle reste passionnée par son travail, affirmant que l’une des plus grandes épreuves est de rester assise pendant des heures à graver.
Un savoir-faire menacé
Le savoir-faire traditionnel de la gravure à la main se perd lentement. Selon Sylvie, peu d’artisans continuent cette pratique, et la plupart optent pour des machines plus rapides, créant un fossé dans le métier. Elle s’inquiète de l’avenir de cette spécialité, surtout qu’aucune nouvelle formation n’est offerte dans le Rhône depuis 2016. Alors que seuls quelques établissements en France enseignent encore la gravure sur pierre, Lyon, une ville riche en histoire, pourrait se voir dépouillée de ce savoir-faire artisanal.
La relation avec les familles
Travaillant souvent sur les sépultures de figures emblématiques de Lyon, Sylvie évoque les moments difficiles lorsqu’il s’agit de graver des noms d’enfants. Bien qu’elle ne soit pas en contact direct avec les familles des défunts, elle est consciente de l’impact émotionnel de son travail.
Une continuité malgré tout
À 70 ans, Sylvie continue de graver des stèles, apportant sa touche personnelle à chaque inscription. À travers son travail, elle préserve une tradition qui pourrait bientôt disparaître. Elle termine en soulignant : « Ça maintient la souplesse, » insistant sur l’importance physique de son métier. Son histoire et son engagement témoignent d’une passion intacte, et peuvent rappeler à chacun l’importance de cet artisanat au cœur de la mémoire collective.
Source : 20Minutes – Actu Lyon
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