Marc Touati estime que les émeutes survenues en France depuis le 17 octobre pourraient coûter plusieurs dizaines de milliards d’euros à moyen terme. Dans une analyse publiée le 25 octobre, il distingue les dégâts matériels, les pertes d’activité — notamment dans le tourisme — et les effets possibles d’une défiance accrue envers la France. Ces montants sont des estimations, et non un bilan définitif.

Des dégâts matériels et des pertes d’activité
Pour les destructions et les pillages, Marc Touati évalue les dommages à environ 1,5 milliard d’euros. Il mentionne notamment des voitures incendiées, des bâtiments et des monuments endommagés ou détruits, ainsi que 3 000 magasins pillés. Une partie de la facture serait prise en charge par les assurances ; selon lui, le coût pourrait aussi se répercuter sur les cotisations futures.
L’économiste ajoute les pertes liées aux commerces fermés ou à une activité réduite. Il s’inquiète également des conséquences pour le tourisme, en particulier si les visiteurs étrangers annulent leurs vols ou leurs réservations. À titre de comparaison, il rappelle que les professionnels du secteur avaient relevé, lors des émeutes de 2023, plus de 25 % d’annulations, avec des niveaux proches de 50 % dans certaines villes.
Pour la crise actuelle, il avance un manque à gagner d’environ 2 milliards d’euros pour le seul secteur touristique, à condition que les émeutes ne se prolongent pas. Il estime par ailleurs que les destructions et la baisse d’activité pourraient représenter, à court terme, entre 2 et 5 milliards d’euros au total.
Un risque économique à moyen terme
Le troisième poste évoqué par Marc Touati concerne la confiance des investisseurs. Selon son analyse, les violences pourraient renforcer les doutes sur la capacité de la France à moderniser son économie, à assainir ses finances publiques et à préserver la paix sociale. Il redoute que cette défiance contribue à une hausse des taux d’intérêt des obligations de l’État, puis du coût des crédits.
Il indique que le taux de l’emprunt d’État français à dix ans a dépassé 5,1 % le 22 octobre, un niveau qu’il présente comme inédit depuis juillet 2002. Il craint que des taux plus élevés pèsent davantage sur l’activité, aggravent les déficits publics et alourdissent la dette. À moyen terme, le coût total des émeutes pourrait ainsi, selon lui, atteindre plusieurs dizaines de milliards d’euros.
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Auteur : leJDD







