Le projet français PHARAO, une horloge atomique révolutionnaire, a franchi une étape majeure avec l’achèvement de sa recette en vol en juin 2026. Installée à l’extérieur de la Station spatiale internationale (ISS) dans le cadre de la mission ACES (Atomic Clock Ensemble in Space), cette horloge se distingue comme l’instrument le plus précis jamais conçu pour le domaine spatial.

Le chemin vers la précision

Pour atteindre un tel niveau de performance, les équipes du CNES (Centre national d’études spatiales) à Toulouse ont consacré près de quatorze mois à des réglages minutieux et à des phases de validation. Cela inclut une période de six mois pour ajuster les réglages, suivie de huit mois dédiés à des comparaisons précises avec des horloges au sol. Benoît Léger, chef de projet, a exprimé sa satisfaction quant à ce développement, soulignant l’expertise des équipes engagées dans ce projet ambitieux.
Un instrument au service de la science
PHARAO a pour objectif de mesurer des phénomènes subtils, notamment le fameux « décalage vers le rouge » gravitationnel, qui illustre comment la masse influence l’écoulement du temps. Grâce à sa précision exceptionnelle (jusqu’à la 16ème décimale), cette horloge peut détecter une variation temporelle due à un changement d’altitude d’à peine un mètre. Cette capacité va permettre aux scientifiques d’effectuer des tests de la relativité générale avec une fiabilité inégalée.
Des tests en conditions extrêmes
Les premiers essais de PHARAO en microgravité ont débuté le 30 avril 2025, date à laquelle l’horloge a été activée pour la première fois. Les premières indications de son bon fonctionnement sont apparues le 14 mai 2025, lorsque l’instrument a réussi à produire ses premières franges de Ramsey, garantissant son état opérationnel. L’ingénieur système François-Xavier Esnault a précisé que le fonctionnement de PHARAO ne pouvait être totalement évalué que dans les conditions d’impesanteur, permettant d’accéder à des régimes de fonctionnement impossibles à reproduire sur Terre.
Défis et solutions
Tout n’a cependant pas été sans accroc. L’un des composants d’ACES, le Maser SHM, n’a pas fonctionné comme prévu après le lancement, compliquant les évaluations de performance de PHARAO. Toutefois, Benoît Léger se montre optimiste face aux défis rencontrés dans l’espace, il a noté la réactivité et l’inventivité des équipes sur Terre. Après plusieurs mois d’efforts, l’équipe a fini par recevoir un signal du Maser, apportant un nouvel espoir après de nombreux mois d’incertitudes.
Un pilotage terrestre
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les opérations de PHARAO ne nécessitent pas d’intervention directe des astronautes à bord de l’ISS. Les techniciens au CNES à Toulouse pilotent entièrement l’horloge depuis la Terre. La mise en marche de PHARAO et son installation initiale ont été gérées par le bras robotique de la station spatiale, minimisant ainsi la nécessité pour l’équipage de réaliser des sorties extravéhiculaires.
Vers l’avenir
Les prochaines étapes pour PHARAO passent par une revue finale des performances qui ouvrira la voie à une phase d’exploitation continue. Benoît Léger souligne que cette période marquera le moment où les instruments de la mission seront pleinement opérationnels. PHARAO est non seulement un symbole de l’avancée scientifique française, mais également une prouesse technologique qui contribue à une meilleure compréhension des lois fondamentales de l’univers.
Source : Actualités et évènements (cnes.fr)
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