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À l’approche des législatives, les Arabes israéliens dénoncent violences et discriminations

À deux jours des élections législatives israéliennes du 27 octobre, des habitants arabes d’Israël décrivent une montée des violences criminelles et un durcissement des discriminations depuis le 7-Octobre. À Nazareth, Haïfa et Tamra, plusieurs témoignages mettent en cause l’action des autorités et l’évolution du climat dans les lieux de travail et dans l’espace public. (gov.il)

A person holding a protest sign emphasizing unity and equality during a rally.
Omar Ramadan · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Une insécurité qui pèse sur Nazareth

A stunning sunset over Nazareth showcasing the panoramic cityscape and iconic basilica.
Mark Direen · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Dans la vieille ville de Nazareth, les commerces et les restaurants sont peu fréquentés. Un serveur interrogé sur place relie cette activité ralentie à la peur de la criminalité. Il évoque notamment l’explosion qui a visé une bijouterie et les demandes de rançon que, selon lui, des gangs imposent aux commerçants.

Les chiffres cités par l’organisation Abraham Initiatives témoignent de la gravité de la situation. Elle a recensé 252 homicides dans la communauté arabe d’Israël en 2025, soit plus du double du nombre enregistré en 2022. Selon ses données, 140 meurtres ont été commis au cours des six premiers mois de 2026. L’organisation indique que la plupart des victimes appartiendraient à des groupes criminels.

Shareef Zoabi, ancien conseiller municipal de Nazareth, affirme que les citoyens arabes représentent 80 % des victimes d’homicides en Israël. Il compare le taux qui touche sa communauté à ceux observés au Mexique et en Colombie. Il dénonce aussi l’absence de protection policière et estime que les gangs ont pris leurs quartiers dans le centre-ville.

La colère s’est exprimée dans la rue. Le 31 janvier, une manifestation à Tel-Aviv a rassemblé, selon ses organisateurs, 100 000 personnes contre la criminalité qui frappe les citoyens arabes. Des rassemblements ont également eu lieu à Nazareth et à Sakhnin, avant d’être dispersés par la police, selon le reportage.

Des accusations de passivité et de répression

À Nazareth, Sami Jabali constate que son café-librairie, ouvert depuis une dizaine d’années, reste presque vide. Il décrit une criminalité qui touche aussi bien les villes que les villages et affirme que des habitants, y compris des personnes modestes, peuvent être menacés d’extorsion. Il reproche aux autorités de ne pas protéger la population.

Jabali dénonce également les restrictions qui, selon lui, pèsent sur les prises de parole palestiniennes depuis le 7-Octobre. Il affirme qu’une publication appelant à l’arrêt de la guerre peut entraîner des ennuis avec la police. Hadeel Abu Salih, avocate de l’organisation Adalah à Haïfa, critique pour sa part la dispersion de manifestations contre la criminalité. Elle y voit une forme de punition collective de la minorité arabe.

Les critiques visent notamment le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, responsable de la police, des prisons et des permis de port d’arme. Abu Salih lui reproche ses déclarations contre la minorité arabe et sa politique envers les détenus palestiniens. Elle estime que les libertés fondamentales des citoyens palestiniens d’Israël sont davantage menacées depuis le 7-Octobre. Ces propos relèvent de son analyse de la politique gouvernementale.

Le climat de tension jusque dans les hôpitaux

Lina Qasem-Hassan, médecin arabe israélienne et membre de l’ONG Médecins pour les droits humains – Israël, décrit une dégradation des relations dans le secteur de la santé. Elle affirme que le personnel médical porte davantage d’armes et rapporte des propos hostiles aux Palestiniens entendus dans des établissements hospitaliers. Selon elle, environ 40 % des personnels de santé en Israël sont palestiniens.

La médecin raconte aussi qu’une patiente atteinte d’un cancer a insulté un infirmier après l’avoir entendu parler arabe. Qasem-Hassan y voit le signe d’un racisme devenu plus visible depuis le 7-Octobre. Son récit illustre, selon elle, les tensions auxquelles des professionnels arabes disent être confrontés dans leur travail.

Un scrutin décisif pour la représentation arabe

La minorité arabe compte actuellement dix députés à la Knesset. Aida Touma-Suleiman, qui ne se représente pas le 27 octobre, dit avoir subi des menaces de l’extrême droite et déplore que des élus arabes soient accusés de soutenir le Hamas, malgré leur condamnation des meurtres de civils du 7-Octobre et leur soutien aux familles d’otages.

Deux listes représentant la minorité arabe se présentent au scrutin. Les élus issus de cette communauté pourraient peser dans la formation d’une éventuelle coalition d’opposition, alors que la campagne s’inscrit dans un contexte de tensions autour de la criminalité, des libertés publiques et de la place des citoyens arabes dans la société israélienne.


Source : France 24 – Infos, news & actualités – L'information internationale en direct (www.france24.com)

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Auteur : David GORMEZANO

Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

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