À Orléans, la manifestation organisée samedi 24 octobre contre le congrès du Rassemblement national s’est tenue sous haute surveillance. Plusieurs milliers de personnes, rassemblées à l’appel d’organisations et de syndicats de gauche, ont dénoncé les idées du RN tandis que le centre-ville était largement fermé et sécurisé.

Un centre-ville sous contrôle
Barrières autour de la statue de Jeanne d’Arc, vitrines protégées par des volets métalliques ou des planches, policiers et gendarmes à chaque coin de rue : les mesures de sécurité ont profondément marqué le centre d’Orléans. Les transports étaient à l’arrêt dans la matinée.
Près de 3 000 policiers et gendarmes ont été mobilisés, dont 15 unités de forces mobiles et deux véhicules blindés. Les autorités craignaient la venue d’éléments radicaux et des débordements, une semaine après des incidents sécuritaires dans plusieurs villes françaises.
En contrebas de la cathédrale, le « village antifasciste » accueillait les manifestants dans une ambiance décrite comme bon enfant. Aux alentours de 10 heures, plusieurs milliers de personnes ont rejoint le cortège, appelé par une cinquantaine d’organisations, de syndicats et de mouvements politiques de gauche.
Des manifestants dénoncent les idées du RN
Les participants ont exprimé leur opposition aux positions du Rassemblement national, notamment à la préférence nationale. Jacquy, ancien cheminot de 61 ans et militant de la CGT, estime que le parti reste dangereux malgré sa stratégie de dédiabolisation. Marianne, de la Ligue des droits de l’Homme, dit manifester contre des idées qui, selon elle, stigmatisent une partie de la population.
Les pancartes visaient notamment Marine Le Pen et Jordan Bardella. Lubin, étudiant en histoire de 24 ans, a expliqué vouloir protester contre le racisme et la xénophobie qu’il attribue au parti. Léa, qui travaille dans un hôpital public, a pour sa part dénoncé ce qu’elle considère comme une banalisation du RN.
Plusieurs responsables de gauche ont également participé au rassemblement, dont Olivier Faure, Sophie Binet et Clémentine Autain. Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, a appelé à ne pas banaliser le RN et à freiner la progression de l’extrême droite. Il a aussi établi un lien entre les discours visant les musulmans et l’attaque meurtrière survenue la veille à Trappes. Cette interprétation lui appartient.
Le congrès se tient à quelques kilomètres
À quelques kilomètres du cortège, des sympathisants du Rassemblement national se rendaient au Zénith d’Orléans pour le congrès du parti. Dans le centre-ville, Dominique, médecin retraité installé dans la ville depuis cinquante ans, a regretté la fracture politique qu’il perçoit dans le pays.
Source : 20Minutes – Une (www.20minutes.fr)
Auteur : Thibaut Le Gal
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