À trois jours de l’ouverture annoncée du procès de trois policiers poursuivis pour homicide involontaire après la mort de Cédric Chouviat, sa famille a exprimé sa colère et son épuisement. Ses proches contestent la qualification pénale et redoutent que l’audience, prévue lundi 26 et mardi 27 octobre à Paris, soit reportée. (pressejudiciaire.fr)

Une qualification pénale contestée

Réunis vendredi 23 octobre à la Ligue des droits de l’homme, à Paris, la veuve, la fille et le père de Cédric Chouviat ont pris la parole avant le procès. Une banderole à l’effigie du livreur, mort en janvier 2020 après une interpellation près de la tour Eiffel, était installée derrière eux.
Les trois policiers qui comparaîtront devant le tribunal correctionnel sont poursuivis pour « homicide involontaire ». Pour Me Arié Alimi, avocat de la famille, cette qualification ne rend pas compte des faits. Il entend la contester dès l’ouverture des débats et estime que les gestes des policiers relèvent au minimum de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
Doria Chouviat dit avoir d’abord envisagé la possibilité d’un accident. Mais, au fil de la procédure, elle affirme que les éléments recueillis l’ont convaincue qu’il y avait eu des abus. Elle salue le travail des juges d’instruction et des enquêteurs de l’Inspection générale de la police nationale, et considère que le dossier ne laisse plus de place au doute.
Les appels à l’aide au cœur de la colère familiale
Cédric Chouviat a été interpellé le 3 janvier 2020. Selon les éléments rapportés par sa famille, il a été maintenu au sol sur le ventre et a répété à neuf reprises qu’il étouffait. Le livreur est mort à l’hôpital deux jours plus tard, après une asphyxie liée à un écrasement de la trachée.
Son père, Christian Chouviat, dénonce la version avancée par les policiers juste après le drame. Ceux-ci avaient décrit Cédric comme irrespectueux et agressif, et assuré n’avoir pratiqué ni étranglement ni compression thoracique avant son malaise. Son père affirme que les vidéos, les témoignages et l’enquête de l’IGPN contredisent ce récit.
Sophia Chouviat, la fille de la victime, dit que le visionnage des vidéos et les conclusions de l’instruction ont bouleversé sa perception de l’interpellation. Elle reproche aux policiers de ne pas avoir réagi aux appels à l’aide de son père et affirme qu’il ne s’agissait pas d’un accident.
Une demande de renvoi examinée à l’ouverture
La tenue du procès reste incertaine : les avocats de la défense ont déposé une demande de renvoi. Me Laurent-Franck Liénard a confirmé s’être associé à la démarche d’un confrère qui défend deux des trois prévenus, sans vouloir commenter la demande avant l’audience.
La famille redoute un nouveau report après des années de procédure. Me Alimi juge la requête infondée, tandis que Doria Chouviat dit que ses proches sont épuisés par ces rebondissements. Le tribunal correctionnel doit examiner la demande dès l’ouverture de l’audience.
Source : 20Minutes – Une (www.20minutes.fr)
Auteur : Thibaut Chevillard
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