Le marché de l’apprentissage dans le supérieur, qui avait connu une forte croissance ces dernières années, semble aujourd’hui marquer le pas. Après un triplement des effectifs entre 2019 et 2024, une première baisse des apprentis en formation supérieure est à signaler en 2025, rendant la situation préoccupante pour de nombreux acteurs de l’enseignement supérieur.

Ce qui change
En 2025, le nombre d’apprentis dans l’enseignement supérieur a diminué de 4 % par rapport à l’année précédente, tombant à 628 500 étudiants. Cette chute marque un tournant important après plusieurs années de hausse continue, posant la question de l’attractivité de ce mode de formation dans le contexte éducatif actuel. Les raisons de cette baisse semblent être liées aux modifications des aides financières destinées à l’apprentissage, qui, à partir de 2025, seront réduites et mieux ciblées sur certaines entreprises et niveaux de formation.
Ce que montrent les données
Les données fournies par le Service statistique du ministère de l’Éducation (SIES) révélent que tous les types de formations sont touchés par cette diminution. Les licences professionnelles connaissent la plus forte baisse, avec un recul de 10 % du nombre d’étudiants. Les BTS sont également affectés, avec une diminution de 8 %. Les autres formations, comme celles menant à un titre RNCP, voient aussi leurs effectifs diminuer de 4 à 5 %. En revanche, certaines filières, notamment les masters et les écoles d’ingénieurs, se maintiennent presque à flot, affichant une légère augmentation des effectifs.
Qui est concerné
Les statistiques montrent que la densité des apprentis varie selon les spécialités et les types de formations. Les BTS représentent un quart des effectifs, suivis par les écoles de commerce et les formations menant à des titres homologués. Notons également que les étudiants en école d’ingénieurs ont une plus grande proportion de parents appartenant à des catégories socioprofessionnelles élevées, ce qui peut influencer l’accès à ces formations. La répartition géographique des apprentis révèle qu’à l’exception de quelques académies comme Créteil, Dijon et la Guyane, la majorité des régions observent une baisse significative du nombre d’apprentis, en particulier dans des zones telles que Paris, Rennes, Bordeaux et la Guadeloupe.
Ce qu’il faut retenir
La baisse des effectifs d’apprentis dans l’enseignement supérieur constitue un signal préoccupant pour les futurs diplômés et le marché du travail. Les réformes de financement et leur impact sur les entreprises qui recrutent des apprentis sont des éléments essentiels à prendre en compte dans l’analyse de cette situation. Pour garantir l’attractivité de l’apprentissage, une réflexion sur le soutien aux formations et sur l’accès à ces dispositifs s’impose, tant pour les étudiants que pour les entreprises, afin de pérenniser ce mode de formation qui a su séduire de nombreux jeunes ces dernières années.
Source : Le Parisien – Emploi
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