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Politique

La Cour suprême israélienne incite Sami Abou Shehadeh à se retirer des élections de 2026 sans jugement formel

CHAPÔ

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La décision de la Cour suprême israélienne de demander à Sami Abou Shehadeh, dirigeant du parti Balad, de se retirer des prochaines élections législatives, soulève des interrogations sur les enjeux juridiques et politiques en Israël. Alors que le scrutin se profile, cette situation met en lumière des dynamiques institutionnelles sensibles.

Ce qui s’est passé

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Le 23 septembre 2023, à l’initiative du parti Otzma Yehudit, dirigé par Itamar Ben Gvir, la Commission électorale centrale a voté l’exclusion de plusieurs formations politiques, y compris la Liste arabe unie et la Liste unifiée, en vue des élections prévues pour le 27 octobre 2026. En plus de ces formations, la candidature de Sami Abou Shehadeh, ainsi que celle de Ofer Cassif, député communiste, a également été rejetée. En réaction, des recours ont été déposés auprès de la Cour suprême israélienne, qui a statué les 1er et 2 octobre.

Bien que la Cour ait validé la participation des deux listes arabes et autorisé la candidature de Cassif, elle a en revanche incité Abou Shehadeh à retirer sa candidature sans avoir pris la peine de se prononcer sur le fond de son dossier, ce qui constitue un précédent inédit dans l’histoire de la Cour.

Un ressort juridique problématique

La décision d’exclusion, prise par une Commission largement dominée par des représentants de la droite et de l’extrême droite, repose sur l’article 7A de la Loi fondamentale relative à la Knesset. Cet article stipule les motifs possibles d’exclusion, notamment le rejet de l’existence d’Israël comme État juif et démocratique, l’incitation au racisme, ou le soutien à la lutte armée contre l’État. L’audience de Sami Abou Shehadeh, qui a eu lieu devant une formation de neuf juges, est révélatrice de la complexité et des tensions en jeu.

Les plaidoiries de Ben Gvir et de Tally Gotliv, en faveur de la disqualification d’Abou Shehadeh, se sont appuyées sur un article qu’il avait publié sur le site Arab48. Dans cet article, il qualifiait les récentes attaques de « stratégique », tout en dénonçant une hiérarchie ethnique des vies humaines et les conditions de vie des Palestiniens.

La jurisprudence en question

Historiquement, la Cour suprême a adopté une approche prudente quant aux exclusions électorales. Dans plusieurs affaires précédentes, elle a insisté sur la nécessité de démontrer que les motifs d’exclusion étaient enracinés dans le comportement politique continu du candidat. À titre d’exemple, des décisions notables dans les années 1980 et 2003, qui ont impliqué des candidats controversés, avaient établi que le simple soutien à une organisation terroriste ne suffisait pas à fonder une exclusion.

La décision encourageant Abou Shehadeh à se retirer, sans statuer clairement sur les preuves présentées, pourrait donc alterer le cadre légal établi et servir de précédent pour de futures décisions.

Les enjeux politiques et institutionnels

Les raisons derrière le choix de la Cour de ne pas prendre de décision définitive sont multiples. Premièrement, il y a la complexité juridique : un jugement confirmant l’exclusion d’Abou Shehadeh aurait obligé la Cour à justifier une interprétation très restrictive de la Loi fondamentale à partir d’un seul article, ce qui aurait créé des précédents difficilement soutenables. Deuxièmement, la conjoncture politique actuelle en Israël, marquée par les réformes judiciaires du gouvernement de Benjamin Nétanyahou, implique une forte polarisation autour de l’indépendance de la justice, rendant la Cour susceptible aux critiques. Dans ce contexte, une confirmation de l’exclusion aurait pu renforcer l’argumentation des opposants à sa légitimité.

Une décision controversée

En cette période préélectorale, l’affaire Abou Shehadeh est symptomatique d’un climat tendu où le droit de participation politique est en jeu, particulièrement pour les représentants palestiniens israéliens. Le choix de la Cour de ne pas assumer ouvertement la responsabilité d’une décision d’exclusion et d’inciter un candidat à se retirer pose des questions sur l’équilibre délicat entre justice et pression politique. Alors que le paysage électoral se dessine, les acteurs concernés continueront certainement à observer de près l’évolution de cette situation, qui pourrait avoir des répercussions bien au-delà des échéances immédiates.


Source : Orient XXI (orientxxi.info)

Article original : Consulter la source originale

Auteur : Mohammed Iriqat

Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

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