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Sciences sociales

L’IA visuelle suscite une nouvelle défiance face à la légitimité des images synthétiques.

La montée en puissance de l’intelligence artificielle (IA), notamment dans le domaine de la production d’images, remet en question nos certitudes sur la nature de la représentation visuelle. Il en résulte une nouvelle forme de défiance envers les images, que l’on pourrait qualifier de « morale du soupçon ». Ce phénomène s’inscrit dans un contexte où la perception des images et leur crédibilité sont en train de changer, alimentant des préoccupations autour des « fausses images » et de leur impact sur la société.

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Ce que montrent les données

Au Palais de Justice (Le Voyage à Nantes)
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Depuis l’apparition de technologies de synthèse d’images par IA en 2022, on observe une tendance croissante à la méfiance envers les images générées artificiellement. Selon une étude réalisée par le Pew Research Center, environ 48% des adultes interrogés aux États-Unis estiment qu’il est difficile de distinguer les images réelles des images créées par IA. Ce taux de défiance est encore plus prononcé chez les jeunes adultes, avec près de 58% d’entre eux partageant cette inquiétude. Ces données illustrent le climat d’incertitude autour de l’image dans une ère où la manipulation visuelle est à la portée de tous.

Comment comprendre le phénomène

Cette méfiance récente peut être perçue comme une nouvelle forme d’iconophobie – la peur des images, qui remonte à des siècles. Historiquement, les préoccupations liées à l’iconographie étaient souvent liées à des représentations religieuses ou politiques jugées trompeuses. Aujourd’hui, la montée de l’IA synthétique offre des exemples d’utilisation où les images, tout en étant parfaitement manipulables, sont également d’une précision troublante. Les artistes et producteurs de contenu utilisent ces technologies pour créer des images qui subvertissent notre compréhension du réel, comme l’illustre le discours d’avertissement d’un thérapeute du numérique qui démontre comment son apparence change pour devenir celle de personnalités publiques en quelques secondes, créant un sentiment d’alerte quant à la véracité des contenus visuels.

Qui est concerné

Les impacts de cette crise de confiance sont multiples. Les professionnels de l’art et de la communication, ainsi que les journalistes, sont désormais confrontés à la nécessité de valider l’authenticité des images, remettant en cause les standards de la preuve visuelle traditionnellement admis. À l’échelle sociétale, tous les citoyens sont concernés, car la prolifération d’images trompeuses peut affecter des enjeux importants, tels que la désinformation politique ou la manipulation des émotions dans le cadre de mouvements sociaux.

Les limites et les incertitudes

Malgré les inquiétudes soulevées, il convient de questionner la rigidité de cette opposition entre « vraies » et « fausses » images. Les critiques contemporaines omettent souvent d’explorer la manière dont les images ont toujours eu une fonction symbolique et narrative, indépendamment de leur capacité à reproduire fidèlement la réalité. L’érudition artistique récente tend à diminuer la distinction entre ces catégories, reconnaissant que le processus visuel implique des choix, des interprétations et des manipulations, qu’elles soient numériques ou non.

En conclusion, alors que la normalisation de l’IA vise à s’infiltrer dans nos modes de vie et d’expression, il devient essentiel d’adopter une approche équilibrée. L’alternance entre scepticisme et acceptation des nouvelles images pourrait ouvrir la voie à une compréhension plus nuancée des enjeux qui en découlent. En intégrant les discussions sur la validité des représentations et sur leur potentiel narratif, davantage de perspectives pourraient émerger pour naviguer dans cette ère de transformation visuelle.


Source : L'image sociale

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Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

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