Aller au contenu
Sciences sociales

La place croissante du domicile transforme les pratiques du soin et du travail social

Le domicile devient un lieu important d’intervention pour les métiers du soin, du travail social et de l’aide à la personne. Une publication signalée le 21 octobre 2026 par Vie-publique.fr met en avant les changements que ce déplacement entraîne dans les pratiques professionnelles et dans le rôle des institutions. Mais travailler chez quelqu’un ne consiste pas simplement à transposer les méthodes d’un établissement : le logement est un espace privé, et l’accompagnement doit s’y organiser en tenant compte des habitudes, des contraintes et des choix de la personne.

Front view of the Palais Royal in Paris, showcasing French architecture and flags.
Ludovic Delot · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Un secteur nombreux, aux métiers variés

Serene sunset over Île-aux-Moines in Bretagne, France, capturing tranquil coastal beauty.
Clement Lepetit · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Les dernières données de la DREES disponibles à la date de publication portent sur 2024. Elles dénombrent 1,16 million de personnes exerçant une profession sociale en emploi principal en France hors Mayotte, dont 474 000 aides à domicile. Ces estimations s’appuient sur l’enquête Emploi en continu de l’Insee, avec une moyenne calculée sur 2023, 2024 et 2025. Elles donnent un ordre de grandeur du champ des professions sociales, mais ne recensent pas toutes les personnes qui interviennent à domicile dans les secteurs sanitaire et des services à la personne. (drees.solidarites-sante.gouv.fr)

Le travail à domicile recouvre en effet des missions distinctes : aide aux gestes du quotidien, entretien du logement, soins infirmiers, accompagnement social ou soutien à l’autonomie. Les professionnels peuvent relever d’un service, d’une association, d’une entreprise ou être employés directement par un particulier. Leurs responsabilités et leurs cadres de travail ne sont donc pas identiques. Ce qui les rapproche, c’est d’intervenir dans l’environnement de vie de la personne, plutôt que dans un lieu entièrement organisé par une institution.

Quand le lieu de travail est aussi un espace privé

Au domicile, les professionnels doivent composer avec un espace qui n’a pas été conçu comme un lieu de soins ou de travail. Ils peuvent être confrontés à des équipements inadaptés, à un manque de place ou à des risques propres au logement. L’INRS relève aussi les contraintes liées aux déplacements entre les interventions, à la manutention et au travail souvent effectué en solitaire. L’organisation du service — temps accordé, consignes, échanges entre collègues — compte donc autant que les gestes professionnels eux-mêmes. (inrs.fr)

La relation change également de cadre. La personne accompagnée reste chez elle, avec ses habitudes et ses proches, tandis que le professionnel doit respecter son intimité et intervenir dans les limites de sa mission. Les décisions prises en établissement ne se transposent pas automatiquement : il faut articuler le projet d’accompagnement, les souhaits de la personne, les règles professionnelles et les conditions concrètes du logement. Le domicile n’est pas pour autant un espace sans institutions : les services, employeurs, financeurs et dispositifs publics continuent d’organiser une partie de l’intervention.

Le « virage domiciliaire » ne se résume pas à rester chez soi

Le terme « désinstitutionnalisation » désigne, dans plusieurs politiques sociales, une évolution vers un accompagnement moins concentré dans des établissements. Il ne signifie pas nécessairement la disparition de ceux-ci. Dans le champ de la perte d’autonomie, une mission de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) publiée en 2023 souligne qu’un recul des admissions en établissement ne constitue pas à lui seul un meilleur accompagnement à domicile. Le rapport recommande de renforcer l’aide et les services, et rappelle que des besoins importants, l’isolement ou un logement inadapté peuvent rendre le maintien chez soi difficile. Il s’agit d’une analyse et de recommandations institutionnelles, pas d’une règle de droit. (vie-publique.fr)

Cette distinction est essentielle : le choix de vivre chez soi ne garantit pas, à lui seul, l’accès à une aide suffisante. Inversement, l’accompagnement en établissement peut répondre à des situations où la présence humaine ou les soins nécessaires ne peuvent être assurés autrement. La question est donc moins de désigner un lieu comme préférable en toutes circonstances que de rendre les réponses adaptées aux besoins de chaque personne.

Des conditions de travail qui pèsent sur l’accompagnement

Les statistiques éclairent aussi les enjeux pour les professionnels. En 2024, selon la DREES, 74 % des aides à domicile exerçaient à temps partiel dans leur emploi principal. Ce chiffre ne dit pas à lui seul si ce temps partiel est subi pour chaque personne ; il indique toutefois une caractéristique importante de l’emploi dans ce métier. L’Insee relevait, dans une étude portant sur 2022, que 32 % des aides à domicile à temps partiel déclaraient ne pas avoir trouvé d’emploi à temps complet. Les périodes étudiées et les méthodes étant différentes, ces résultats ne doivent pas être confondus. (drees.solidarites-sante.gouv.fr)

Le déplacement de l’accompagnement vers le domicile transforme ainsi à la fois la relation d’aide, l’organisation des services et le quotidien des intervenants. La notice de Vie-publique.fr en signale les enjeux, mais le seul résumé du flux RSS ne permet pas d’attribuer à la publication une enquête, une méthode ou des résultats précis. Ce que les sources disponibles permettent d’établir, plus prudemment, c’est que le domicile peut soutenir l’autonomie à condition que l’accompagnement, les moyens professionnels et les réponses institutionnelles suivent les besoins réels.


Source : vie-publique.fr – Publications de La Documentation française

Article original : Consulter la source originale

Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

Voir le profil et tous les articles
POUR APPROFONDIR

Articles liés à ce sujet

Articles de la même rubrique ou associés à cette localité. Il s’agit de contenus liés, pas nécessairement de comptes rendus du même événement.

Artia13 Music
Compte
Temps de lecture gratuit05:00