La rencontre de Steve Witkoff avec Vladimir Poutine, mercredi 21 octobre à Saint-Pétersbourg, intervient au lendemain d’échanges entre l’émissaire américain et Volodymyr Zelensky à Oslo. Malgré les propos encourageants tenus après ces discussions, les tensions entre Kiev et Washington et la perspective d’échanges entre dirigeants sans l’Ukraine alimentent la méfiance du président ukrainien.

Des discussions à Oslo, puis à Saint-Pétersbourg

Mardi 20 octobre, Volodymyr Zelensky a qualifié de « constructif » le dialogue avec Steve Witkoff et Jared Kushner. Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a lui aussi décrit les pourparlers comme « positifs ». Un responsable américain a fait état de progrès et affirmé que les deux parties s’étaient accordées sur les prochaines étapes.
Le président ukrainien s’est toutefois montré plus prudent. Il a estimé que la situation avait connu des périodes meilleures et d’autres plus difficiles, et a dit attendre la suite des discussions. Selon la présidence ukrainienne, les idées élaborées à Oslo devaient être présentées à la partie russe par Witkoff, avant que l’émissaire ne rende compte de ses échanges à Kiev. (president.gov.ua)
Le lendemain, Witkoff a rencontré Vladimir Poutine à Saint-Pétersbourg. Il a indiqué avoir apporté des documents contenant des idées relatives à un possible accord de paix. Cette visite, présentée comme sa dixième en Russie depuis 2025, survient alors que Donald Trump continue de mettre la pression sur Kiev et de reprocher à Zelensky son attitude dans les négociations.
Les tensions entre Kiev et Washington persistent
Ces derniers jours, le président américain a affirmé qu’il serait plus difficile de travailler avec son homologue ukrainien qu’avec Vladimir Poutine. Il a également averti que la situation pourrait mal tourner si Zelensky ne souhaitait pas mettre fin à la guerre, tout en minimisant les actions récentes de la Russie. Ces déclarations contrastent avec les frappes russes signalées contre des infrastructures énergétiques ukrainiennes.
Washington a aussi critiqué les attaques ukrainiennes visant des raffineries en Russie et conclu un accord avec Moscou sur l’achat de diesel russe. Face à ces pressions, Zelensky a adopté un ton plus frontal que lors de précédentes périodes de tension, dénonçant notamment ce qu’il considère comme une attitude faible et une trahison des États-Unis. Il a cependant salué le rétablissement du partage du renseignement américain.
Une éventuelle réunion sans l’Ukraine
La rencontre de Saint-Pétersbourg a également remis en lumière la possibilité d’un sommet entre Donald Trump, Vladimir Poutine et Xi Jinping en Chine, en novembre. Trump a indiqué qu’il pourrait y participer si le président chinois le souhaitait, tout en précisant qu’une telle réunion ne serait pas consacrée à l’Ukraine.
Une autre version a été rapportée par le Wall Street Journal : selon le quotidien, Poutine aurait proposé une rencontre en marge du sommet économique Asie-Pacifique prévu les 18 et 19 novembre à Shenzhen afin d’évoquer la fin de la guerre. Ces éléments laissent subsister une incertitude sur l’objet d’un éventuel sommet et sur la place qu’y occuperait le conflit ukrainien.
Zelensky a rappelé que toute discussion portant sur l’Ukraine et son avenir devait se tenir avec la participation de son pays. À ce stade, les échanges diplomatiques se poursuivent, mais les déclarations publiques ne permettent pas de conclure à un rapprochement durable entre Kiev et Washington ni à une avancée décisive vers la paix. (apnews.com)
Source : Le HuffPost : actualités et infos décalées en continu, en France et dans le monde (www.huffingtonpost.fr)
Article original : Consulter la source originale
Auteur : Timothée Barnaud







