Après les pillages du week-end des 17 et 18 octobre 2026, le gouvernement a réuni, lundi 19 octobre, six plateformes de vente en ligne pour lutter contre la revente de marchandises volées. Les moyens de contrôle diffèrent selon les sites : les marketplaces professionnelles vérifient davantage l’identité des vendeurs, tandis que les plateformes entre particuliers s’appuient notamment sur la modération et la détection d’annonces suspectes.

Six plateformes appelées à coopérer

Des annonces proposant notamment des produits cosmétiques neufs ou fortement décotés ont été repérées après les pillages. Plus de 3 000 commerces ont subi des dégradations en France durant le week-end, selon les chiffres cités par TF1 Info. La ministre déléguée au Numérique, Anne Le Hénanff, a demandé le retrait rapide des annonces susceptibles de concerner des biens volés.
Vinted, Amazon, eBay, Leboncoin, Meta et TikTok ont été convoqués. Selon le compte rendu de TF1 Info, les plateformes se sont engagées à collaborer avec les autorités pour identifier et signaler les contenus concernés. Mais les règles d’inscription et les contrôles appliqués aux vendeurs ne sont pas les mêmes partout.
Des vérifications plus poussées pour les vendeurs professionnels
Sur Amazon, les vendeurs doivent fournir des documents d’identification, comme un extrait Kbis ou un numéro de TVA, avant de pouvoir commercialiser leurs produits. Pierre Lavigne, fondateur de l’agence de conseil Sellingz, indique que ces justificatifs font l’objet de vérifications humaines. Cette procédure rend la création d’un compte et la publication d’une annonce plus contraignantes, sans empêcher absolument toute tentative frauduleuse.
La mise en vente de certains articles implique aussi de renseigner un code-barres EAN. D’après Pierre Lavigne, les références de produits de luxe font l’objet de contrôles destinés notamment à lutter contre la contrefaçon. Il estime qu’une annonce inhabituelle ou publiée par un vendeur sans historique a moins de chances d’être visible et achetable. TikTok Shop dispose également d’un processus de vérification des vendeurs, appelé KYC.
Sur les plateformes entre particuliers, la détection repose aussi sur les annonces
Pour les sites de vente entre particuliers, la traçabilité peut être plus difficile, selon l’expert. Il cite la Marketplace de Meta, Leboncoin, Vinted et eBay, où les vérifications à l’inscription seraient moins poussées que sur les plateformes réservées aux vendeurs professionnels.
Les entreprises décrivent toutefois plusieurs dispositifs de contrôle. Vinted affirme avoir retiré des annonces susceptibles de concerner des biens volés et indique pouvoir bannir les comptes qui enfreignent ses règles. La plateforme dit également coopérer avec les forces de l’ordre et les autorités françaises, sans préciser combien d’annonces ont été supprimées.
eBay déclare utiliser des outils technologiques pour repérer les comportements suspects. Le site indique aussi s’appuyer sur une équipe spécialisée, sur les signalements des utilisateurs et sur un portail destiné à faciliter les demandes des forces de l’ordre. Leboncoin affirme que toutes les annonces font l’objet de contrôles automatisés avant leur publication et qu’une équipe est chargée de la modération.
Des signaux d’alerte, mais pas de garantie de détection
Pierre Lavigne évoque plusieurs pistes que les plateformes pourraient renforcer : repérer des mots inhabituels, analyser les photos pour détecter la présence d’antivols, comparer les prix et surveiller les changements soudains dans l’activité d’un compte. Une série d’annonces publiées après une longue période d’inactivité pourrait, par exemple, déclencher des vérifications. Il s’agit de moyens de détection envisagés par l’expert, et non d’une liste de mesures dont la mise en œuvre par chaque plateforme est confirmée.
Les acheteurs peuvent eux aussi être concernés : le recel suppose de savoir que le bien provient d’un délit. L’article 321-1 du Code pénal prévoit, pour le recel, une peine maximale de cinq ans d’emprisonnement et de 375 000 euros d’amende. (legifrance.gouv.fr)
Source : TF1 INFO – L'info pour tous et pour chacun (www.tf1info.fr)
Article original : Consulter la source originale







