En République démocratique du Congo, environ 6,1 millions de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays, selon Damien Mama, coordonnateur résident et humanitaire des Nations unies. Dans un entretien publié le 21 octobre, il insiste sur la priorité exprimée par les familles rencontrées : pouvoir rentrer chez elles en sécurité. Il appelle aussi à protéger les civils et à maintenir l’accès humanitaire dans les zones de conflit.

La paix et la protection des civils en priorité

Interrogé par la Deutsche Welle sur les préoccupations humanitaires liées à la crise dans l’est de la RDC, Damien Mama en distingue trois : permettre le retour des populations par une paix durable, préserver l’accès des organisations humanitaires aux zones affectées et protéger les civils.
Lors d’une visite au site de déplacés de Luvangira, au Nord-Kivu, il a rencontré une femme qui lui a dit vouloir rentrer chez elle après avoir fui les violences et la destruction de son habitation. Mama rapporte que les personnes déplacées demandent avant tout la sécurité et la possibilité de retrouver leurs communautés.
Le responsable onusien estime que l’aide d’urgence demeure nécessaire, mais qu’elle ne peut remplacer des conditions permettant aux familles de vivre et de produire par elles-mêmes. Certaines personnes rencontrées, ajoute-t-il, ont été contraintes de fuir à plusieurs reprises, parfois plus de quatre ou cinq fois, avec leurs enfants.
Deux estimations à des dates différentes
Dans l’entretien, Mama avance le chiffre d’environ 6,1 millions de déplacés internes en RDC. Un discours prononcé au nom du système des Nations unies en RDC le 25 mars 2026 faisait état de 6,5 millions de personnes déplacées au 31 janvier. Ces estimations se rapportent à des dates différentes, et les éléments disponibles ne permettent pas d’expliquer leur écart. (drcongo.un.org)
Au-delà du nombre, Mama souligne les conséquences durables des déplacements : des vies interrompues, des familles fragilisées et une vulnérabilité qui s’aggrave lorsque les personnes sont forcées de quitter plusieurs fois leur foyer.
L’aide d’urgence ne suffit pas à mettre fin aux déplacements
Damien Mama distingue le rôle de la réponse humanitaire, qui vise à sauver des vies et à répondre aux besoins immédiats, de celui des acteurs chargés de traiter les causes des déplacements. Il cite notamment les autorités, les parties engagées dans les processus de paix et les acteurs susceptibles de contribuer à la sécurité et à une paix durable.
Il avertit également que des conflits prolongés compromettent les acquis du développement et freinent l’activité économique. Concernant les processus de Doha et de Washington, il dit espérer que les médiateurs et les pays disposant d’une influence pourront contribuer à mettre fin au conflit qui touche des populations civiles étrangères aux combats.
Dans son entretien, le coordonnateur onusien ne se prononce pas sur les initiatives politiques évoquées par la DW. Il recentre son propos sur les besoins humanitaires : la paix, la protection des civils et la possibilité pour les personnes déplacées de rentrer chez elles.
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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