Sorti en France ce mercredi 21 octobre 2026, Karma place Marion Cotillard au centre d’un thriller de Guillaume Canet présenté hors compétition au Festival de Cannes. Le cinéaste explique avoir voulu écrire pour elle un personnage à la mesure de son talent. Mais Jeanne n’est pas seulement un rôle conçu pour offrir à l’actrice une large palette de jeu : son histoire fait aussi du film un récit sur l’emprise et la reconquête de soi.

Un thriller construit autour de Jeanne

Dans Karma, Jeanne tente de refaire sa vie dans un village du nord de l’Espagne avec Daniel, qui ignore son passé. La disparition de son filleul la rend suspecte aux yeux de la police et la conduit à retourner dans la communauté où elle a grandi, dirigée par Marc, interprété par Denis Ménochet. Leonardo Sbaraglia incarne Daniel. Le film dure 149 minutes, selon la fiche du Festival de Cannes.
Le retour de Jeanne dans cette communauté fait basculer le récit du mystère policier vers une histoire de domination et de mémoire. Le personnage doit affronter un passé qu’elle cherchait à laisser derrière elle, tandis que son entourage doute de sa culpabilité ou tente de la retrouver. Ce mouvement donne au rôle de Cotillard une fonction centrale : les enjeux du thriller passent par ce que Jeanne sait, tait et finit par décider.
Un rôle né d’une frustration de metteur en scène
Guillaume Canet a reconnu avoir longtemps regretté de ne pas avoir proposé à Marion Cotillard un rôle qu’il jugeait à la hauteur de ses capacités. Il assure toutefois que le film n’a pas été imaginé comme une succession de scènes destinées à démontrer l’étendue du jeu de l’actrice : selon lui, l’histoire est venue en premier, et le personnage s’est développé à partir de celle-ci.
Le dossier de presse du Festival de Cannes précise que l’envie d’écrire un grand rôle pour Cotillard a constitué le point de départ du projet. Canet cosigne le scénario avec Simon Jacquet et a choisi de ne pas jouer dans le film, afin de se concentrer sur la mise en scène et les personnages. La collaboration est aussi nourrie par leur histoire personnelle : anciens compagnons, ils restent proches et travaillent ensemble à l’écran comme derrière la caméra.
De la recherche au récit
Le sujet de la communauté n’a pas été abordé uniquement comme un décor inquiétant. Dans l’entretien publié par le Festival, Canet explique avoir étudié des films et des documentaires sur ces groupes, et s’être intéressé à des témoignages de personnes qui les avaient quittés. Il indique également avoir travaillé le scénario avec Simon Jacquet autour de thèmes comme la dépendance, la trahison et la vengeance.
Ce contexte donne une autre portée au titre : ici, le « karma » ne désigne pas simplement une mécanique de punition ou de récompense. Il renvoie à la manière dont les expériences passées continuent de peser sur le présent — et à la possibilité, pour Jeanne, de cesser de les subir. C’est dans cette tension entre enfermement et choix que se joue le rôle écrit pour Cotillard.
Un retour au thriller après Ne le dis à personne
Avec Karma, Canet retrouve un genre qu’il avait déjà exploré dans Ne le dis à personne. La sortie du film en salles, le 21 octobre, prolonge ainsi sa présentation cannoise hors compétition en mai 2026. Pour Cotillard, l’enjeu est moins celui d’un simple « cadeau » de réalisateur que celui d’un personnage autour duquel s’organisent le suspense et les questions de passé, d’emprise et d’autonomie.
Source principale : 20Minutes – Actu Culture (www.20minutes.fr)
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Auteur : Caroline Vié







