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Après les violences du 17 octobre, un général plaide pour revoir la stratégie de maintien de l’ordre

Après les violences et les pillages survenus en marge de la mobilisation du 17 octobre 2026, Bertrand Cavallier estime que le dispositif de sécurité n’était pas adapté à la dispersion des groupes dans les villes. Cet ancien commandant du Centre national d’entraînement des forces de gendarmerie plaide pour une présence plus importante sur le terrain et une organisation différente des forces.

Unrecognizable people gathering together for protest for police brutality and black lives matter holding banners with Racism violence
Mathias Reding · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Un dispositif pensé pour un autre scénario

Red and yellow ambulance entering an emergency room at a hospital, marked 'Urgences'.
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Les forces mobiles, notamment les gendarmes mobiles et les CRS, étaient déployées pour encadrer les manifestations et prévenir les actions de groupes comme les black blocs. Mais, selon Bertrand Cavallier, les événements ont pris une autre forme : des groupes se sont dispersés dans les villes et ont participé à des pillages.

Le général de division (2S) juge le bilan de la réponse sécuritaire très mauvais, tout en saluant le courage des policiers et des gendarmes mobilisés. Il estime que les autorités n’ont pas suffisamment pris en compte la menace à laquelle elles seraient confrontées.

Il rapproche cette situation de celle de la finale de la Ligue des champions, le 28 mai 2022 au Stade de France. Selon lui, le dispositif de sécurité avait alors manqué de personnels de sécurité publique. Il estime qu’une commission parlementaire devra établir les moyens engagés le 17 octobre et les comparer aux risques anticipés.

La disponibilité des effectifs en question

Bertrand Cavallier ne décrit pas seulement un problème de nombre d’agents. Il juge que les effectifs rapportés à la population française se situent dans une moyenne supérieure, mais affirme que la disponibilité des forces de l’ordre a fortement diminué en trente ans. Il attribue ce constat à la Cour des comptes.

Il s’interroge également sur le recours croissant, selon lui, aux polices municipales pour des missions de maintien de l’ordre. À ses yeux, cette évolution révèle des difficultés dans l’organisation des forces de sécurité.

Des forces prépositionnées dans les villes

Face à des groupes nombreux et mobiles, l’ancien responsable de la gendarmerie considère que les méthodes habituelles de maintien de l’ordre ne suffisent plus. Il propose de prépositionner des forces de manière quasi permanente et de confier à des états-majors opérationnels la responsabilité de secteurs déterminés, afin d’y déployer des unités sur des points stratégiques.

Son scénario inclut des blindés Centaure de la gendarmerie, des policiers en civil et des drones. Il évoque aussi la possibilité de « sanctuariser » les villes et parle d’une approche relevant, selon lui, davantage de la contre-insurrection que du maintien de l’ordre classique.

Bertrand Cavallier demande par ailleurs que les unités territoriales de police et de gendarmerie soient mieux équipées pour tenir le terrain et protéger des bâtiments. Il rappelle qu’en 2023, une soixantaine de commissariats et une quarantaine de gendarmeries ont été attaqués. Il dit craindre, pour l’avenir, que des habitations soient prises de force.

Une analyse des tensions et des ingérences

Pour expliquer le niveau de violence, le spécialiste décrit une fracture croissante entre les banlieues et les centres-villes. Il inscrit les événements du 17 octobre dans une évolution qu’il situe entre les émeutes de 2003 et celles de 2025, qu’il présente comme davantage étendues aux centres-villes. Il avertit aussi que, selon lui, les prochains mois nécessiteront une vigilance accrue, notamment à l’approche de l’élection présidentielle.

Il avance enfin l’hypothèse d’ingérences étrangères visant à exploiter les fragilités françaises, notamment par l’intermédiaire des réseaux sociaux. Cette appréciation relève de son analyse des événements et des tensions actuelles.


Source : 20Minutes – Une (www.20minutes.fr)

Article original : Consulter la source originale

Auteur : Mickaël Bosredon

Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

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