4 566 personnes originaires du Mali, du Sénégal, de Guinée et de Gambie sont arrivées par la mer en Europe entre janvier et juin 2026, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Si la route atlantique vers les Canaries reste la principale voie d’accès, l’organisation alerte sur des traversées plus longues et plus meurtrières, ainsi que sur le déplacement des itinéraires vers la Méditerranée.

Les routes méditerranéennes prennent une place croissante

La route atlantique ouest-africaine a représenté 83 % des arrivées recensées pour ces quatre nationalités au premier semestre 2026. Mais leur part augmente aussi sur les deux principales routes méditerranéennes suivies par l’OIM.
En Méditerranée occidentale, les ressortissants d’Afrique de l’Ouest ont constitué 21,9 % des arrivées, contre 15,6 % un an auparavant. En Méditerranée centrale, leur proportion est passée de 8,6 % en 2025 à 10,5 %.
Pour Amy Pope, directrice générale de l’OIM, la diminution des arrivées sur un itinéraire ne signifie pas que les départs ou les pressions migratoires ont disparu : les parcours peuvent se déplacer vers d’autres routes. L’organisation estime donc nécessaire d’observer les trajets dans leur ensemble, du pays de départ à celui d’arrivée.
Une baisse des arrivées qui ne se traduit pas par moins de morts
Sur la route reliant l’Afrique de l’Ouest aux îles Canaries, les arrivées ont diminué de 62 % entre 2024 et 2025, après le pic enregistré en 2024. Dans le même temps, le nombre de personnes mortes ou disparues en mer n’a reculé que de 4 : l’OIM en a recensé 1 172 en 2025, contre 1 215 l’année précédente.
Ces chiffres ne permettent pas, à eux seuls, de mesurer le nombre de tentatives de traversée. L’OIM indique que les données sur les interceptions et les décès montrent que les tentatives se poursuivent, alors que moins de personnes atteignent leur destination. L’organisation en conclut que la route est devenue plus dangereuse.
Des itinéraires plus longs et plus isolés
L’OIM relie le renforcement des contrôles au Maroc, en Mauritanie et au Sénégal à un déplacement de certains départs vers le sud, notamment depuis la Gambie, la Guinée et la Guinée-Bissau.
Ces itinéraires peuvent ajouter jusqu’à 750 kilomètres au trajet, portant certaines traversées à environ 2 200 kilomètres. Les personnes migrantes passent alors plus de temps en mer et empruntent des zones côtières plus isolées et moins surveillées. L’OIM souligne qu’elles sont ainsi davantage exposées aux naufrages, à la déshydratation et aux disparitions en mer.
L’OIM appelle à une réponse coordonnée
Face à ces déplacements, l’organisation demande aux pays concernés de renforcer leur coopération et de développer des voies de migration sûres, ordonnées et régulières. Elle plaide également pour la protection des migrants tout au long de leur parcours et pour la création de possibilités pour les jeunes.
Source : ONU Info – L'actualité mondiale Un regard humain (news.un.org)
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