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Navi Pillay reçoit le Nobel de la paix, un choix contesté par Donald Trump

Le Nobel de la paix 2026, attribué à la juriste sud-africaine Navi Pillay, ravive les débats sur les choix du comité et les limites d’une distinction prestigieuse. Donald Trump, qui espérait être récompensé, a vivement critiqué la décision. Au-delà de cette polémique, l’histoire du prix est marquée par des choix contestés et par des lauréats dont les actes ont parfois contredit les attentes suscitées par leur distinction.

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Un prix qui ne fait pas toujours consensus

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Le comité Nobel norvégien a annoncé le 9 octobre 2026 que Navi Pillay recevrait le prix de la paix pour son engagement en faveur de la justice internationale. La distinction a rapidement suscité des réactions politiques : Donald Trump, qui avait espéré l’obtenir, a dénoncé le choix et attaqué les responsables du prix. (nobelpeaceprize.org)

Cette controverse illustre un phénomène récurrent : l’attention se porte souvent autant sur les personnalités non récompensées que sur les lauréats. La décision de 2026 remet ainsi en lumière les critères du Nobel de la paix et la difficulté de définir ce que signifie, concrètement, œuvrer pour la paix.

Créé à l’initiative d’Alfred Nobel, le prix a été remis pour la première fois en 1901. Le volet consacré à la paix se distingue des autres prix : il est décerné par un comité norvégien, tandis que les autres distinctions relèvent d’institutions suédoises. Les intentions de Nobel, inventeur de la dynamite, ont alimenté les interprétations, entre volonté de soutenir les personnes engagées pour autrui et espoir que la puissance destructrice des armes puisse rendre la guerre impossible.

Des lauréats aux parcours contrastés

Les récompenses ont parfois reconnu des figures dont l’engagement paraît directement lié à la pacification des conflits, comme Léon Bourgeois, Alexandre Soljenitsyne, Mère Teresa ou Lech Walesa. D’autres choix ont suscité davantage de réserves. Henri Dunant, fondateur de la Croix-Rouge, a ainsi été honoré alors qu’il n’avait pas, selon le texte consacré à l’histoire du prix, mené d’action spécifique en faveur de la paix.

La distinction n’a pas non plus empêché certains lauréats de faire ensuite l’objet de critiques. Barack Obama a reçu le Nobel en 2009, alors que les États-Unis poursuivaient leurs opérations militaires et que la prison de Guantanamo restait ouverte, contrairement à sa promesse électorale. Aung San Suu Kyi, récompensée en 1991, a été critiquée pour ne pas avoir empêché la répression des Rohingya lorsqu’elle dirigeait le pays.

Le prix a également été refusé ou rendu impossible à accepter. Jean-Paul Sartre l’a décliné, tandis que Boris Pasternak et Andreï Sakharov ont subi des pressions soviétiques. D’autres épisodes ont nourri les interrogations sur les délibérations : en 1974, l’Académie suédoise a récompensé deux de ses propres membres, Eyvind Johnson et Harry Martinson.

Une institution prestigieuse, mais discutée

Le Nobel de la paix ne constitue pas une validation générale du parcours d’un lauréat. Theodore Roosevelt, récompensé en 1906 malgré sa politique interventionniste, en est un exemple. En 1994, le choix d’associer Yasser Arafat à Shimon Peres et Yitzhak Rabin a, lui aussi, provoqué des critiques en raison du passé du dirigeant palestinien.

Le secret entourant les choix et les soupçons de fuites avant certaines annonces ont également alimenté les controverses. Les prix décernés à Jean-Marie Gustave Le Clézio, en 2008, et à Bob Dylan, en 2016, avaient été précédés de révélations. Ces épisodes, comme les décisions contestées, entretiennent les questions sur la manière dont le comité établit ses choix.

Avec Navi Pillay, le Nobel de la paix place de nouveau la justice internationale au centre de l’attention. La réaction de Donald Trump ajoute une dimension politique à l’annonce, mais les polémiques ne se limitent pas à cette édition : elles accompagnent depuis longtemps une distinction dont le prestige n’empêche ni les désaccords sur ses critères ni les débats sur la cohérence des choix.


Source : Toute l'actualité du Journal du dimanche (www.lejdd.fr)

Article original : Consulter la source originale

Auteur : leJDD

Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

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