Les agents publics déclarent plus souvent que les salariés du privé subir la pression du temps, des relations de travail tendues et un manque de reconnaissance. Le constat concerne aussi les agents territoriaux, qui travaillent dans les communes, les départements et les intercommunalités. Publié le 15 octobre 2026, le rapport annuel de la fonction publique compare des données de travail et de rémunération, mais ne signale ni décision nouvelle ni conséquence mesurée sur les services rendus aux habitants.

Une pression plus forte dans les hôpitaux, moins marquée dans les collectivités

Selon l’enquête sur les conditions de travail menée en 2024 par la Dares, 45 % des agents publics disent devoir se dépêcher pour effectuer leur travail, contre 39 % des salariés du privé. L’écart est particulièrement important dans la fonction publique hospitalière, où cette réponse atteint 60 %. Dans la fonction publique territoriale (FPT), elle concerne 37 % des agents.
Le rapport relève aussi une progression de la pression temporelle dans le public depuis l’enquête de 2016. Le sentiment de devoir « penser à trop de choses à la fois » a notamment augmenté de huit points. Dans le privé, la tendance observée va dans le sens inverse.
Reconnaissance et relations au travail : des écarts persistants
Les agents publics déclarent plus souvent que les salariés du privé vivre des tensions avec leur hiérarchie (22 %, contre 18 %) ou avec leurs collègues (23 %, contre 16 %). Ils sont également plus nombreux à estimer que leur rémunération ne correspond pas au travail réalisé : 41 % dans l’ensemble de la fonction publique et 40 % dans la FPT, contre 31 % dans le privé.
Les perspectives de carrière sont un autre point de comparaison. En 2024, 46 % des agents publics jugeaient leurs possibilités de promotion insatisfaisantes, contre 35 % des salariés du privé. La proportion était de 43 % parmi les agents territoriaux. Le rapport note toutefois une amélioration de cinq points pour le secteur public par rapport à 2016.
Le tableau n’est pas uniformément négatif : 15 % des agents territoriaux ne se sentaient pas utiles aux autres dans leur travail, contre 24 % des salariés du privé. Ce ressenti d’utilité est l’un des indicateurs où la FPT se distingue favorablement.
Des moyennes de salaire qui cachent des différences
En 2024, le salaire net mensuel moyen en équivalent temps plein s’élevait à 2 742 euros dans la fonction publique et à 2 814 euros dans le privé. Ces chiffres sont à interpréter avec prudence : la structure des métiers, des qualifications et des âges diffère entre les deux secteurs. Les employés et ouvriers étaient en moyenne mieux rémunérés dans le public (2 177 euros, contre 2 053 euros), tandis que les cadres et professions intellectuelles supérieures percevaient davantage dans le privé (4 665 euros, contre 3 884 euros).
Le rapport indique aussi qu’en 2025, les agents publics à temps complet, hors enseignants, ont travaillé en moyenne 1 623 heures, soit 57 heures de moins que les salariés du privé. La durée était de 1 590 heures dans la FPT. Le nombre moyen de jours de congé pris était plus élevé dans le public : 34, contre 25,9 dans le privé.
Ce que les chiffres disent — et ne disent pas — aux habitants
Pour les collectivités, ces données éclairent les conditions d’exercice du travail territorial. Elles ne permettent cependant pas, à elles seules, de conclure qu’un service municipal ou départemental fonctionne moins bien, qu’un accueil sera réduit ou qu’un recrutement est prévu : le rapport ne documente pas ces effets à l’échelle d’une collectivité précise.
Enfin, les agents publics se sont absentés en moyenne 11 jours pour raison de santé en 2025, contre 10,6 jours dans le privé. Dans la FPT, la moyenne a atteint 12,7 jours, en baisse de 0,6 jour sur un an. Le rapport ne prévoit pas de mesure particulière à la suite de ces constats : il s’agit d’une publication statistique, pas d’une décision gouvernementale ou locale.
Sources complémentaires
Source principale : Actualités Localtis – Groupe Caisse des Dépôts (www.banquedesterritoires.fr)
Article original : Consulter la source originale
Auteur : Thomas Beurey / Projets publics pour Localtis







