À Oulan-Bator, gratte-ciel, circulation dense et quartiers de yourtes se côtoient au pied des collines. La capitale mongole, où vit près de la moitié de la population du pays selon le récit publié le 16 octobre 2026, donne à voir le rapprochement entre la ville et la steppe. Elle est aussi devenue, pour des centaines de milliers de personnes venues des campagnes, un lieu d’installation et de recherche de services ou d’emplois.

Une capitale entre tours et yourtes

Enclavée entre la Russie et la Chine, la Mongolie compte environ 3,5 millions d’habitants sur 1,56 million de kilomètres carrés, soit près de deux habitants au kilomètre carré. Pourtant, le premier contact de nombreux voyageurs avec ce pays de grands espaces se fait dans une capitale en pleine expansion, située à 1 350 mètres d’altitude.
À Oulan-Bator, les immeubles modernes dominent un centre-ville où l’urbanisation s’est développée sans plan d’ensemble lisible. Autour, des quartiers de yourtes gagnent les collines. Le contraste se prolonge dans les rues : les tours vitrées alternent avec des bâtiments de l’époque soviétique, des monastères bouddhistes et des voies poussiéreuses.
La ville a aussi adopté les signes d’une grande capitale : embouteillages, pollution, cafés, restauration rapide et petits véhicules électriques. Dans l’hypercentre, l’influence sud-coréenne se remarque notamment dans la mode, les restaurants et les cosmétiques. Des food-trucks colorés et des commerces ouverts toute la nuit ajoutent une touche plus éclectique au paysage urbain.
Le grand magasin Ikh Delguur, connu comme le « Department Store », rassemble lui aussi ces contrastes. On y trouve des costumes et des chapeaux traditionnels, mais aussi des fast-foods et des SUV exposés dans le centre commercial. À quelques rues de là, un mur consacré aux Beatles rappelle que les références culturelles de la capitale viennent aussi de loin.
Les repères historiques et religieux
Sur l’avenue de la Paix, le trafic est incessant jusqu’à la place Sükhbaatar, lieu de promenade et de rencontre pour les habitants. Les bâtiments massifs hérités de l’époque soviétique y côtoient des constructions plus récentes. La place porte le nom de Damdin Sükhbaatar, figure révolutionnaire dont la statue s’y trouve toujours.
Le nom d’Oulan-Bator signifie « héros rouge » : ulaan veut dire « rouge » et baatar, « héros ». La capitale a été rebaptisée ainsi en 1924. Autre repère majeur, le monastère de Gandan mêle des influences architecturales chinoises et tibétaines. Développé au début du XIXe siècle, il a fait partie des rares grands centres religieux à survivre aux purges staliniennes des années 1930.
La vie culturelle offre une autre porte d’entrée sur la Mongolie. Un spectacle réunissant musiciens, danseurs et chanteurs fait entendre le morin khuur, une vièle à tête de cheval, ainsi que le chant diphonique khöömii. Le programme comprend aussi des danses et des numéros de contorsion.
La steppe s’installe aux portes de la ville
Depuis les hauteurs, la capitale apparaît entourée de routes, de chantiers et de quartiers résidentiels, puis d’une vaste couronne de palissades et de yourtes. En trois décennies, des centaines de milliers de Mongols venus des campagnes se sont installés dans les périphéries. Certains cherchent du travail, des écoles ou des soins ; d’autres ont été fragilisés par des crises économiques ou par les dzud, des épisodes climatiques extrêmes susceptibles de décimer les troupeaux.
Ce mouvement transforme les liens entre ville et campagne. Depuis le passage à l’économie de marché, au début des années 1990, l’exploitation minière, l’urbanisation, la construction de routes et les changements climatiques bouleversent ces équilibres. Pour les nouveaux arrivants, le passage de la vie dans la steppe aux embouteillages de la capitale peut être abrupt.
En quittant Oulan-Bator, les constructions s’espacent et le trafic s’efface peu à peu. Les palissades disparaissent à leur tour : au-delà de la capitale, la steppe reprend le paysage.
Source : Courrier international – Actualités France et Monde, vidéos, infographies (www.courrierinternational.com)
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