Un objet ancien difficile à classer
Les « little red dots » — ou « petits points rouges » — sont des objets compacts, brillants et massifs repérés depuis 2023 avec le télescope James Webb. Environ 300 ont été recensés. Ils existaient entre 650 millions et 1,6 milliard d’années après le Big Bang.
Leur nature reste discutée. Ils pourraient être des galaxies compactes, massives et riches en poussières, ou des galaxies actives, dont le noyau est particulièrement lumineux. L’équipe de Rohan Naidu, de l’université de Hawaii à Honolulu, s’est penchée sur l’un d’eux : MoM-BH*-1, apparu environ 660 millions d’années après le Big Bang.
Une rupture de Balmer exceptionnelle
Dans le spectre de MoM-BH*-1, les astronomes ont relevé une rupture de Balmer parmi les plus importantes observées. Ce phénomène concerne la lumière de l’hydrogène : lorsque des photons sont absorbés par des atomes d’hydrogène, l’intensité lumineuse peut diminuer. Dans un gaz dense, où de nombreux atomes se trouvent dans un état d’énergie particulier, cette baisse forme une rupture caractéristique.
On observe ce type de signature dans des galaxies actives. Mais, pour expliquer l’ampleur de celle mesurée dans MoM-BH*-1, ainsi que d’autres caractéristiques du spectre de l’hydrogène, les chercheurs proposent un modèle différent : un trou noir entouré d’une vaste enveloppe gazeuse.
Un trou noir entouré de gaz
Selon l’interprétation avancée par Rohan Naidu et ses collègues, le trou noir au centre de l’objet aurait une masse équivalant à 100 000 fois celle du Soleil. Le gaz qui l’entoure formerait une enveloppe si étendue qu’elle pourrait évoquer une étoile et atteindre la taille du Système solaire.
Cette structure explique le nom de « étoile-trou noir » : il ne s’agirait pas d’une étoile ordinaire, mais d’un trou noir masqué par une enveloppe gazeuse. L’équipe présente cette explication comme une hypothèse destinée à rendre compte des observations de MoM-BH*-1, et non comme une conclusion établie pour l’ensemble des petits points rouges. Le nom « MoM » renvoie à « Mirage ou Miracle ».
Source : Pour la Science (www.pourlascience.fr)
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Auteur : Loïc Mangin



