Des fragments de corail blanchis ont retrouvé leurs algues symbiotiques après avoir été mis en contact avec des fragments sains, lors d’expériences en laboratoire. Le phénomène, observé à la station marine Hopkins, en Californie, pourrait ouvrir une piste pour la restauration des récifs. Mais le transfert dépend de la compatibilité génétique des coraux et n’a pas encore été éprouvé sur un récif.

Une observation fortuite devenue expérience

En 2025, le biologiste Stephen Palumbi a remarqué que deux fragments de corail placés dans un aquarium s’étaient touchés. L’un était sain, l’autre blanchi. À l’endroit du contact, le fragment décoloré semblait retrouver sa couleur. Cette observation a conduit son équipe à étudier le phénomène de manière contrôlée.
Les chercheurs ont comparé des paires de fragments sains et blanchis, certaines maintenues en contact, d’autres rapprochées sans se toucher. Dans les essais rapportés, les fragments blanchis en contact avec un corail sain ont récupéré en huit semaines. Ceux qui étaient proches, mais séparés, sont morts au bout de vingt semaines.
Le rôle d’un pont tissulaire
Au microscope, l’équipe a observé la formation d’un pont entre les tissus des deux fragments. Cette connexion permet le transfert d’algues symbiotiques vers le corail blanchi. Ces microalgues vivent dans les tissus du corail et lui procurent une grande partie de ses nutriments.
Lorsqu’il subit un stress lié à la hausse des températures, le corail peut expulser ces algues : il blanchit et perd une source essentielle de nourriture. Le transfert observé rétablit donc une association vitale. Le processus ressemble à une greffe, mais il ne fonctionne pas avec n’importe quel donneur.
Les tests avec des fragments issus de colonies génétiquement différentes ont montré des réactions de rejet. Les polypes ont déployé de petits appendices urticants et aucun transfert d’algues n’a été constaté dans ces cas. La compatibilité entre les fragments apparaît ainsi comme une condition importante du phénomène.
Une piste, pas encore une méthode de restauration
Les coraux blanchis peuvent parfois récupérer en captant des algues présentes dans l’eau. D’après les mesures rapportées par les chercheurs, le rétablissement associé au contact est beaucoup plus rapide. L’équipe étudie aussi la possibilité de transmettre des algues sélectionnées pour leur résistance à la chaleur, mais le mécanisme de rejet constitue un obstacle lorsque les coraux ne sont pas génétiquement compatibles.
Une autre étude menée en Australie, également mentionnée dans la chronique, porte sur la propagation d’algues thermorésistantes dans une colonie après leur introduction chez quelques individus. Ces travaux suggèrent une piste complémentaire, sans démontrer pour autant qu’une intervention à grande échelle soit prête.
Les résultats obtenus en aquarium devront encore être confrontés aux conditions des récifs. Le transfert par contact pourrait contribuer aux recherches sur la restauration des coraux, mais son efficacité et ses limites en milieu naturel restent à établir.
Source : Environnement : Toutes les actualités, analyses et débats en podcasts (www.radiofrance.fr)
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