Un baromètre publié le 30 septembre 2026 recense 437 projets de transformation de zones commerciales en entrées de ville, sur 8 606 hectares en France métropolitaine. Mais cette photographie témoigne surtout d’intentions : neuf projets sur dix sont encore à l’étude ou au stade de l’intention. Pour les habitants, aucun changement immédiat n’est annoncé à l’échelle d’une commune précise.
Des projets, pas encore des chantiers
L’étude a été réalisée par Icade et le Groupe SCET HTC, filiales de la Caisse des Dépôts. Elle recense des projets portés principalement par des acteurs privés ; les collectivités et autres acteurs publics sont à l’initiative de 35 % des opérations, selon les chiffres rapportés par Localtis. Ce décompte ne constitue ni une décision publique ni la confirmation de travaux à venir.
Le niveau d’avancement invite à la prudence : 56 % des projets sont au stade de l’intention, 34 % à l’étude et seuls 10 % sont parvenus à des phases plus opérationnelles. Le baromètre ne précise pas, dans les informations publiées, quelles communes sont concernées par chacun des 437 projets ni leur calendrier détaillé.
Logements, commerces et végétalisation parmi les objectifs
Les ambitions affichées sont diverses. Renforcer l’attractivité commerciale et produire des logements arrivent en tête, avec 27 % des projets pour chacun de ces objectifs. La végétalisation ou la renaturation concerne 18 % des opérations. D’autres visent à développer les services, à maintenir ou introduire des activités économiques, ou à améliorer l’accessibilité, les mobilités et le stationnement.
Ces orientations pourraient, si elles se concrétisent, modifier les déplacements, les commerces et les usages de certains secteurs périphériques. Mais le recensement ne permet pas d’en déduire combien de logements seront construits, quels équipements seront créés, ni quels commerces resteront en activité. Il ne fournit pas non plus de montant global de financement.
Des territoires face aux mêmes obstacles
L’Île-de-France, l’Occitanie et la Nouvelle-Aquitaine rassemblent plus d’un tiers des projets recensés. À l’échelle nationale, les élus interrogés voient largement la mixité des fonctions — mêler logements, commerces, services et activités — comme une piste de réinvention. Mais deux freins sont particulièrement cités : les contraintes financières, mentionnées par 53 % des élus, et la complexité réglementaire, par 40 %.
Le résultat concerne les habitants de façon indirecte, au moment où les communes et intercommunalités examinent l’avenir de ces zones : l’enjeu est de savoir si un projet local répondra aussi aux besoins de logement, de services et de mobilité, et pas seulement à ceux des propriétaires ou des enseignes. Le baromètre indique que 64 % des Français jugent la construction de logements dans ces secteurs prioritaire ou importante pour les équipes municipales élues en mars 2026. Il s’agit d’une mesure d’opinion, pas d’un engagement de construction.
Ce qui peut suivre
Le vademecum préparé avec la Fédération des élus des Entreprises publiques locales recommande aux collectivités de dresser l’état des lieux de leurs entrées de ville, d’anticiper leur évolution à l’horizon 2050, de suivre les mutations commerciales et foncières et d’organiser un dialogue durable avec propriétaires et exploitants. Ce sont des pistes méthodologiques, pas des obligations ni des décisions déjà prises.
L’État poursuit par ailleurs l’accompagnement de 89 sites dans le cadre du Plan de transformation des zones commerciales lancé en 2023. La publication du baromètre ne précise pas de nouvelle échéance ni de financement supplémentaire. Pour connaître les conséquences concrètes près de chez eux, les habitants devront donc se reporter aux projets et documents d’urbanisme publiés par leur commune ou leur intercommunalité.
Source principale : Actualités Localtis – Groupe Caisse des Dépôts – Action cœur de ville (www.banquedesterritoires.fr)
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Auteur : Emilie Zapalski pour Localtis







