Au moment où la Commission pour la conservation de la faune et la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR) se réunit en Tasmanie, la pêche au krill est au cœur des discussions. Cette minuscule crevette nourrit notamment les baleines et les manchots, mais elle est aussi transformée en ingrédients pour l’aquaculture, les compléments alimentaires et certaines croquettes. En 2026, le seuil de capture de 620 000 tonnes a été atteint dès le mois d’août. (ebs.publicnow.com)

Une ressource essentielle à l’écosystème antarctique

Dans l’océan Austral, le krill occupe une place centrale dans la chaîne alimentaire. Ce zooplancton sert de nourriture à de petits poissons, mais aussi à de grands animaux marins. Les baleines en consomment notamment lors de leur séjour dans les eaux antarctiques, tandis que de nombreux oiseaux marins, dont les manchots, en dépendent également.
La demande humaine ajoute une pression à celle des prédateurs naturels. Le krill est pêché pour produire des ingrédients destinés à l’alimentation des poissons d’élevage, en particulier le saumon. Selon François Chartier, chargé de campagne océans pour Greenpeace France, l’huile de krill peut compléter les aliments du saumon et contribuer à sa teneur en matières grasses, à sa couleur et à ses oméga-3.
On retrouve aussi le krill dans certains compléments alimentaires et produits cosmétiques. Il entre également dans la composition de croquettes haut de gamme pour chiens et chats.
Un seuil de capture atteint avant la fin de la saison
La pêche est industrielle : de grands navires aspirent le krill et le transforment à bord. Dans la zone de l’Atlantique sud-ouest concernée, la capture est encadrée par un seuil de 620 000 tonnes. Ce niveau a été atteint en août 2026, entraînant la fermeture de la pêche pour la saison. La CCAMLR distingue ce seuil de déclenchement de la capture totale admissible, fixée à un niveau supérieur pour la zone. (ccamlr.org)
Pour François Chartier, cette pêche va chercher une ressource située à la base de la chaîne alimentaire dans l’une des régions les plus éloignées et difficiles d’accès. Il estime que cette exploitation peut fragiliser les animaux qui dépendent du krill.
Baleines et manchots exposés à une pression supplémentaire
La réduction de la ressource disponible pourrait affecter les baleines qui se nourrissent dans l’océan Austral avant de rejoindre des zones tropicales pour mettre bas et allaiter. Les manchots sont eux aussi concernés. François Chartier souligne que leurs populations sont déjà fragilisées par le réchauffement climatique et avertit que les effets pourraient se répercuter dans l’ensemble de la chaîne alimentaire.
Au-delà des captures, le passage des navires peut perturber la faune par le bruit et présenter des risques de collision. La source ne détaille toutefois pas l’ampleur de ces effets.
Des décisions attendues de la CCAMLR
La réunion annuelle de la CCAMLR en Tasmanie doit aborder les quotas de pêche au krill. Pour Greenpeace, la réponse passe aussi par la création d’aires marines protégées en haute mer, où la pêche serait interdite, et par une protection effective d’au moins 30 % des océans. Il s’agit de propositions défendues par l’organisation, et non de mesures déjà adoptées.
À l’échelle individuelle, réduire sa consommation de saumon d’élevage peut diminuer la demande pour certains aliments aquacoles contenant du krill. Mais la gestion de cette pêche relève aussi des décisions prises par les États au sein de la Commission.
Source : RFI – Actualités, info, news en direct – Radio France Internationale (www.rfi.fr)
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Auteur : Florent Guignard







