En France, les manifestations du 17 octobre 2026 ont rassemblé des revendications distinctes : la hausse du coût de la vie et les demandes des lycéens pour de meilleures conditions d’étude. Cette convergence s’inscrit dans un mouvement plus large, observé ces dernières années dans plusieurs pays, où des jeunes de la génération Z ont joué un rôle central. Mais les causes et les contextes varient d’un pays à l’autre.

En France, des revendications qui se rejoignent

L’appel à manifester le 17 octobre avait été lancé plusieurs semaines auparavant, indépendamment de la mobilisation lycéenne, autour de la hausse du coût de la vie. Les revendications des élèves ont toutefois également marqué les cortèges.
Depuis la mi-septembre, les lycéens réclament notamment davantage de professeurs et la rénovation de leurs établissements. Leurs demandes ont été relayées par des parents, des grands-parents et d’autres adultes. La mobilisation a aussi été marquée par le nombre de gardes à vue : plus de 8 000 personnes, en grande majorité des mineurs, ont été placées en garde à vue au cours de ce mois de mobilisation.
Des mobilisations aux déclencheurs différents
La France n’est pas le seul pays où des jeunes se sont mobilisés ces dernières années. En Iran, le mouvement « Femmes, vie, liberté » a émergé en septembre 2022 après la mort de Mahsa Amini, 22 ans, à la suite de son arrestation par la police des mœurs. Les jeunes de la génération Z et de la génération Y, qui la précède, ont porté le mouvement.
Au Népal, en septembre 2025, des jeunes sont descendus dans la rue après l’interdiction de 26 plateformes et réseaux sociaux. La contestation s’est aussi dirigée contre la corruption du gouvernement, qui a finalement été renversé.
À la même période, au Maroc, le collectif Gen Z 212 a organisé des protestations pour réclamer de meilleurs hôpitaux et de meilleures écoles. À Madagascar, des coupures d’eau et d’électricité ont déclenché des manifestations en septembre et octobre 2025, auxquelles la génération Z a pris part. Le mouvement a conduit au départ du président.
En Inde, un mouvement lancé en mai est parti du mécontentement d’étudiants après l’annulation de leur examen. Les protestations se sont ensuite élargies à la dénonciation de la corruption et de la politique gouvernementale.
Une génération face à des crises accumulées
Ces exemples ne relèvent pas d’une cause commune unique. Chaque mobilisation répond à une situation nationale et à des revendications propres. La participation des jeunes aux mouvements de contestation n’est d’ailleurs pas nouvelle : ils étaient déjà au cœur des révolutions du Printemps arabe, il y a quinze ans.
La génération Z a toutefois grandi dans un contexte marqué par plusieurs crises. La récession mondiale déclenchée en 2008 a été accompagnée d’une hausse du chômage. En 2020, la crise du Covid-19 a de nouveau fragilisé l’économie mondiale. À ces difficultés s’ajoute la prise de conscience des effets du changement climatique.
Ces défis économiques, sanitaires et climatiques nourrissent des revendications variées chez une génération qui doit encore construire son avenir. Ils éclairent une partie du contexte des mobilisations, sans effacer les différences entre leurs motifs et leurs objectifs.
Source : RFI – Actualités, info, news en direct – Radio France Internationale (www.rfi.fr)
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Auteur : Guilhem Delteil







