Et si une image de cinéma ne se contentait pas de représenter le vivant, mais faisait elle-même éprouver une forme de présence ? C’est l’une des questions au cœur d’un atelier international consacré aux images, à la mort et à l’animisme, organisé à Lisbonne du 11 au 13 février 2027 par le projet FILM AND DEATH.
Une image peut-elle sembler vivante ?
Le point de départ est une expérience familière : au cinéma, des personnes absentes ou mortes réapparaissent à l’écran, tandis que des paysages, des objets ou des animaux semblent parfois acquérir une présence propre. L’atelier propose d’interroger ce que le cinéma fait à ces impressions, plutôt que de limiter l’analyse aux sujets représentés dans les films. Il s’agit d’examiner comment le cadrage, le montage, la durée et la projection mettent en relation présence et absence, vie et disparition. (philevents.org)
Dans ce contexte, « animiste » ne signifie pas que les organisateurs attribuent littéralement une vie aux images. Le terme sert de piste de réflexion : pourrait-on décrire ainsi un cinéma qui rend sensibles les liens entre humains, animaux, plantes, matières et paysages ? Cette approche invite aussi à questionner les frontières entre vivant et non-vivant, sans présumer qu’elles disparaissent ni que tous les films les traitent de la même manière.
Le cinéma comme trace et répétition
Une image filmée conserve quelque chose d’un moment passé : un geste, un corps, un lieu. Mais sa projection le fait revenir dans un autre présent. Cette répétition n’annule pas l’absence de ce qui a été filmé ; elle la rend perceptible. C’est pourquoi les organisateurs rapprochent l’étude des images de questions comme la mémoire, les traces, la spectralité et la représentation de la mort. Ce sont des propositions théoriques à discuter, non des résultats établis par une enquête ou une étude empirique. (philevents.org)
Le programme annoncé entend ainsi ouvrir le débat à différents objets et méthodes : corps et rituels, relations entre humains et non-humains, animaux, végétaux et environnements, mais aussi pratiques contemporaines de fabrication des images. Une projection du film The Dead and the Others (2018), suivie d’un échange avec ses cinéastes João Salaviza et Renée Nader Messora, est également annoncée. (philevents.org)
Un atelier pour chercheurs et chercheuses
La rencontre se tiendra à NOVA FCSH, sur le campus de Campolide à Lisbonne. Elle s’adresse notamment aux spécialistes du cinéma, de la philosophie et de la culture visuelle, ainsi qu’aux doctorants et jeunes chercheurs. Les contributions retenues doivent nourrir une discussion collective : l’objectif affiché est aussi de mettre à l’épreuve la notion même de « cinéma animiste », et non de la tenir pour acquise. (philevents.org)
Les propositions de communication doivent être envoyées en un seul fichier PDF et comprendre un résumé de 350 mots maximum, hors références, ainsi qu’une courte notice biographique. La date limite annoncée est le 8 novembre 2026. L’événement est organisé dans le cadre de FILM AND DEATH, un projet de recherche de l’Université NOVA de Lisbonne consacré aux relations entre cinéma, philosophie, temps et mort. (philevents.org)
Une piste de recherche, pas une conclusion
En faisant de la matérialité des images un objet de discussion, l’atelier déplace une question classique : que peut montrer le cinéma de la mort, que l’expérience directe ne permet pas de saisir ? Il n’apporte pas d’emblée une réponse générale. Son intérêt tient plutôt à l’exploration de cas, de formes et de traditions différentes, et au débat sur ce que le mot « animisme » permet — ou risque de simplifier — lorsqu’on l’applique aux images en mouvement.
Source : Calenda – Ethnologie, anthropologie
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