La pression des évaluations, le manque de soutien ou l’inquiétude sur l’orientation peuvent peser sur le quotidien des élèves. Les données françaises montrent toutefois un tableau nuancé : le mal-être est présent, mais l’école n’en est ni l’unique cause ni, à elle seule, une explication démontrée.
Ce que montrent les chiffres chez les collégiens et lycéens
En 2024, selon l’enquête EnCLASS de Santé publique France menée auprès d’élèves scolarisés en France hexagonale, 45 % des collégiens de 6e, 5e et 4e déclaraient des plaintes psychologiques récurrentes : nervosité, irritabilité ou sentiment de déprime. Au lycée, 19 % des élèves présentaient un risque important de dépression selon l’indicateur utilisé par l’enquête. Il s’agit de résultats de questionnaire, pas d’un diagnostic médical.
Ces difficultés coexistent avec des indicateurs positifs : 70 % des collégiens et 63 % des lycéens déclaraient un bon niveau de bien-être mental. Entre 2022 et 2024, certains indicateurs se sont améliorés, tandis que d’autres ont continué de se dégrader. Les résultats ne décrivent donc pas une expérience identique pour tous les élèves.
Les filles rapportent globalement une santé mentale moins favorable que les garçons, et plusieurs indicateurs se dégradent au fil du secondaire. L’enquête relève également que 20 % des lycéens interrogés avaient eu des pensées suicidaires dans les douze mois précédant le questionnaire. Ce chiffre appelle une attention sérieuse, sans résumer à lui seul la situation de toute une génération.
Une école qui peut peser, mais aussi soutenir
Les conditions de scolarité peuvent compter dans le vécu des jeunes : charge de travail, évaluations, bruit en classe, relations avec les enseignants et les camarades, ou incertitude sur l’orientation. L’enquête internationale HBSC de l’OMS, conduite en 2021-2022 auprès de jeunes de 11, 13 et 15 ans dans 44 pays et régions, relève une hausse de la pression scolaire et une baisse du soutien perçu à l’école, particulièrement chez les filles. Ces résultats internationaux éclairent un contexte, mais ne permettent pas à eux seuls de mesurer chaque situation en France.
Un lien entre pression scolaire et symptômes d’anxiété ou de dépression ne prouve pas que l’école en soit la cause. La santé mentale dépend aussi de facteurs personnels, familiaux et sociaux. Les difficultés économiques, les relations avec les proches et les inquiétudes concernant l’avenir peuvent également peser. De même, les données d’enquête ne permettent pas d’attribuer la détresse d’un élève à une réforme ou à une condition scolaire précise.
L’école peut aussi être un lieu de soutien : la disponibilité d’un adulte de confiance, un climat de classe respectueux et la possibilité de demander de l’aide peuvent compter dans le parcours d’un jeune. Les travaux disponibles invitent donc à examiner à la fois les sources de pression et les ressources qui aident les élèves à faire face.
Quand un jeune a besoin d’aide
Une baisse durable du moral, un isolement ou des difficultés qui empêchent un jeune de vivre son quotidien méritent d’être pris au sérieux. Il peut en parler à un adulte de confiance, à l’infirmière ou au médecin scolaire, ou à un professionnel de santé. En cas d’idées suicidaires, le 3114 est le numéro national de prévention du suicide : il est gratuit et accessible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, partout en France.
Sources vérifiées : Santé publique France, enquête EnCLASS 2024 ; OMS/Europe, enquête HBSC 2021-2022 ; ministère de la Santé, numéro 3114.
Source : WE DEMAIN
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