Au lendemain des violences qui ont marqué les manifestations du samedi 17 octobre, Emmanuel Macron a demandé aux préfets de renforcer la protection des villes et promis de faire la lumière sur le dispositif de sécurité. Près de 2 400 personnes ont été interpellées et près de 1 000 membres des forces de l’ordre blessés, selon les autorités. L’exécutif doit désormais répondre aux critiques des élus et aux dégâts subis par les commerces. (apnews.com)

Des dégâts et des critiques sur la sécurité

Pillages, destructions et affrontements ont touché de nombreuses villes après la mobilisation nationale pour le pouvoir d’achat. À Paris, de nouveaux heurts ont éclaté dimanche en fin de journée place de la République, lieu central du rassemblement dans la capitale.
Emmanuel Macron a qualifié d’« insupportable » le saccage des rues et des magasins et demandé aux préfets de « protéger nos villes ». Il a également promis « toute la transparence » sur le dispositif sécuritaire, critiqué notamment par les maires de Paris, Marseille et Limoges.
Les commerçants sont confrontés à des dégâts d’ampleur. Selon la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), quelque 1 500 commerces ont été pris pour cible samedi. L’organisation estime le coût des dommages à plusieurs centaines de millions d’euros. Le maire de Lyon, Grégory Doucet, a appelé l’État, la région et la métropole à se mobiliser rapidement pour aider les commerçants.
Une réponse politique attendue lundi
Le Premier ministre Sébastien Lecornu doit réunir lundi 19 octobre une cellule interministérielle de crise, consacrée aux conséquences économiques et commerciales, aux assurances et au suivi judiciaire. Il a aussi été chargé par le président de réunir partis politiques, syndicats, collectivités et parlementaires.
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez est attendu à Marseille, durement touchée par les violences. Selon les autorités, jusqu’à 30 000 pilleurs y ont été recensés samedi. À partir de 9 heures, commerçants, distributeurs, professionnels de l’hôtellerie et de la restauration, banques et assurances doivent également se retrouver à Bercy pour évaluer les dégâts.
L’Association des maires de France appelle pour sa part à des rassemblements devant les mairies à partir de midi. L’organisation entend dénoncer les attaques contre les institutions démocratiques.
Des blessés et des accusations politiques
Les violences ont aussi fait des blessés parmi les manifestants. Plusieurs ont rapporté avoir été encerclés par les forces de l’ordre et aspergés de gaz lacrymogène. À Saint-Étienne, un manifestant de 17 ans a eu la main arrachée par une grenade ; à Mulhouse, une jeune femme du même âge a perdu un œil.
Emmanuel Macron a affirmé que les personnes ayant pillé ou détruit des biens devraient en répondre. Les oppositions l’ont également pris pour cible, dans un contexte de campagne présidentielle prévue dans six mois. Marine Le Pen a dénoncé une crise de confiance et d’autorité qui, selon elle, menace la démocratie. Jean-Luc Mélenchon a accusé le chef de l’État de laisser la situation pourrir. (apnews.com)
Le président américain Donald Trump a lui aussi réagi, affirmant que « la France brûle » et attribuant la situation à l’immigration. De son côté, le candidat socialiste Raphaël Glucksmann a appelé à faire cesser la spirale de la violence. La journée du 17 octobre ravive le souvenir des violences survenues pendant la crise des Gilets jaunes, en 2018 et 2019 ; certains observateurs y voient un point de bascule inédit.
Source : France 24 – Infos, news & actualités – L’information internationale en direct (www.france24.com)
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