En Nouvelle-Calédonie, les élections provinciales ont eu lieu le dimanche 28 juin 2026 : elles ont renouvelé les assemblées des provinces Sud, Nord et des îles Loyauté, ainsi que le Congrès. Le scrutin, annoncé avant le vote comme décisif pour l’avenir institutionnel de l’archipel, a depuis livré ses résultats : les non-indépendantistes dominent dans le Sud, tandis que les indépendantistes restent en tête dans les deux autres provinces.
Un scrutin qui renouvelle plusieurs institutions
La Nouvelle-Calédonie n’est pas un département ni une région : c’est une collectivité à statut particulier, organisée en trois provinces. Les provinciales désignent les conseillers de chacune d’elles. Une partie de ces élus siège aussi au Congrès, qui vote les lois du pays et élit le gouvernement collégial.
Ces assemblées interviennent dans des domaines concrets de la vie quotidienne, notamment l’enseignement, les routes, la culture et la protection de l’environnement. Les résultats déterminent donc à la fois les majorités provinciales et les équilibres politiques au Congrès. Les élections, reportées à plusieurs reprises après les troubles de 2024 et les débats sur le corps électoral, ont mis fin à une mandature exceptionnellement longue.
Des résultats contrastés selon les provinces
Dans la province Sud, la liste « Les Loyalistes et le Rassemblement – Forts et unis » a remporté 28 des 40 sièges, avec 50,1 % des suffrages exprimés. Kanaky pour tous obtient sept sièges et « Un autre monde est possible ! », cinq. La participation s’est établie à 65,9 %.
Dans la province Nord, l’UC-FLNKS a décroché dix sièges sur 22, devant l’Union nationale pour l’indépendance (UNI), qui en a obtenu neuf. Aux îles Loyauté, l’UC-FLNKS et la liste Nation autochtone ont remporté chacune six des 14 sièges ; le Palika en a obtenu deux. La participation a été de 61,6 % dans le Nord et de 54,9 % aux îles Loyauté. Les résultats définitifs, publiés par le Haut-commissariat, sont consultables sur le site de l’État en Nouvelle-Calédonie.
Ce que le vote change — et ce qu’il ne tranche pas
Le scrutin a fixé la nouvelle représentation dans les provinces et au Congrès, mais il n’a pas décidé du statut futur de l’archipel. Une majorité d’élus indépendantistes, même si elle se dessinait, ne vaudrait pas à elle seule décision d’indépendance : cette question relève d’un processus politique distinct, au cœur des discussions entre les forces calédoniennes et l’État.
Le renouvellement institutionnel est désormais effectif. Le Congrès a élu son bureau le 10 juillet, puis les 11 membres du 19e gouvernement le 31 juillet 2026. D’après le Congrès de la Nouvelle-Calédonie, Milakulo Tukumuli a été élu à la présidence du gouvernement. Cette mise en place donne aux élus une nouvelle responsabilité exécutive ; elle ne règle pas pour autant les désaccords sur l’avenir institutionnel.
Le corps électoral reste un sujet sensible
Avant le scrutin, l’ouverture de la liste électorale provinciale à environ 10 500 natifs avait ravivé les tensions. Le régime électoral issu de l’accord de Nouméa avait maintenu des critères spécifiques d’inscription, et la réforme a été contestée par des indépendantistes qui souhaitaient qu’elle s’inscrive dans un accord global. Les non-indépendantistes défendaient, eux, un élargissement plus large.
Les résultats de juin permettent de mer les rapports de force électoraux dans chaque province, mais ils ne constituent pas un accord sur ces règles ni sur le statut du territoire. À ce stade, le scrutin est passé et les institutions ont été installées ; l’issue des prochaines discussions politiques reste à connaître.
Source : franceinfo- Statut de la Nouvelle-Calédonie
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