La rivalité spatiale entre Jeff Bezos et Elon Musk se joue aussi sur le terrain des ambitions lunaires. Dans un article publié en octobre par The Atlantic, le journaliste Josh Tyrangiel oppose les stratégies de Blue Origin et de SpaceX, tout en soulignant que la NASA pourrait peser sur leur course — voire les amener à coopérer.
Deux trajectoires différentes
Jeff Bezos a fondé Blue Origin en 2000, deux ans avant la création de SpaceX par Elon Musk. Mais les deux entreprises n’ont pas avancé au même rythme. Selon l’analyse de The Atlantic, Blue Origin a progressé lentement, notamment parce que Bezos a continué à diriger Amazon jusqu’en 2021. SpaceX, de son côté, a rapidement misé sur le développement de ses propres fusées.
Après avoir frôlé la faillite, SpaceX a obtenu en 2008 un contrat de la NASA pour ravitailler la Station spatiale internationale. Le récit de Josh Tyrangiel présente cet épisode comme un tournant pour l’entreprise. Bezos, lui, aurait réorienté sa stratégie en 2016 afin de réduire l’écart avec son concurrent, sans l’avoir encore rattrapé selon l’article.
Leurs projets dépassent désormais la seule construction de lanceurs. L’article décrit une vision dans laquelle les infrastructures spatiales — fusées, réseaux de satellites et équipements en orbite — pourraient soutenir de nouvelles activités économiques. Il s’agit d’une ambition attribuée aux deux milliardaires, et non d’un résultat déjà acquis.
La Lune, terrain de concurrence
La différence entre leurs approches apparaît notamment dans les projets lunaires. The Atlantic estime que l’atterrisseur Blue Moon de Blue Origin correspond davantage aux exigences d’une mission lunaire, tandis que Starship répond aussi aux autres objectifs de SpaceX, dont le développement de son réseau de satellites et les projets de Musk vers Mars.
La NASA travaille bien avec les deux entreprises sur des systèmes d’alunissage habités, mais pour des missions distinctes : SpaceX développe Starship pour Artemis III et Artemis IV, tandis que Blue Origin prépare Blue Moon pour Artemis V. Cette répartition officielle nuance l’idée d’une compétition pour un seul contrat : les deux sociétés ont chacune un rôle prévu dans le programme lunaire de l’agence. (nasa.gov)
La NASA au centre de l’équation
La question n’est donc pas seulement de savoir quelle entreprise sera la première à atteindre ses objectifs. Le calendrier et les choix de la NASA peuvent aussi façonner la rivalité. L’article de The Atlantic envisage que l’agence puisse, à terme, pousser les deux groupes à collaborer plutôt qu’à agir séparément. Cette possibilité reste une perspective, pas une décision annoncée.
Publié le 17 octobre 2026 par Courrier international, le compte rendu s’appuie sur le dossier de Josh Tyrangiel paru dans l’édition de novembre de The Atlantic. Il met en lumière deux stratégies différentes, mais dont l’issue dépendra aussi des exigences et des arbitrages de la NASA.
Source : Courrier international – Actualités France et Monde, vidéos, infographies (www.courrierinternational.com)
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