Nous n’abandonnerons jamais la France des oubliés : comme nous le disons depuis des années, la France qui souffre, c’est celle qui n’intéresse pas les médias ! Nous continuerons d’être le porte-voix de cette France qui n’en aura jamais fini d’être française.
Dans une publication datée du 4 octobre 2026, Marine Le Pen revendique le rôle de porte-voix d’une France qui souffre et accuse les médias de la négliger. La précarité qu’elle invoque est documentée. L’indifférence générale des médias, elle, n’est pas démontrée par ce message.
Le fait principal
Le texte transmis présente la présidente du groupe Rassemblement national à l’Assemblée nationale comme la défenseuse d’une « France des oubliés ». Il associe une promesse politique — continuer à parler pour elle — à une accusation contre les médias. Ce sont deux affirmations distinctes : l’existence de difficultés sociales peut se mer ; l’attention que leur portent les médias demanderait, elle aussi, des éléments précis. ()
Ce qui s’est passé
La publication est datée du 4 octobre 2026 et accompagne une vidéo intégrée. Son texte ne précise ni les lieux ni les personnes montrés dans cette vidéo. Celle-ci n’a pas pu être consultée directement : impossible, donc, d’en décrire les images ou d’attribuer à Marine Le Pen des propos qui y seraient tenus. La page Facebook du message n’a pas non plus pu être vérifiée directement. ()
Le contexte
Le registre n’est pas nouveau. Dans un discours publié par son parti en 2013, Marine Le Pen disait avoir entrepris un « tour de France des oubliés ». Treize ans plus tard, la formule reste au centre de sa communication. Elle désigne un public politique, mais ne constitue pas une catégorie statistique : les personnes en difficulté ne vivent pas toutes dans les mêmes territoires et ne rencontrent pas toutes les mêmes problèmes. ()
Les chiffres à retenir
Selon l’Insee, en 2024, 9,8 millions de personnes vivant dans un logement ordinaire en France métropolitaine se situaient sous le seuil de pauvreté monétaire, fixé à 1 337 euros par mois pour une personne seule. Le taux de pauvreté atteignait 15,4 %, comme en 2023. Ces chiffres établissent l’ampleur de la pauvreté ; ils ne disent pas qui peut parler au nom des personnes concernées. ()
Ce que montrent les faits
La souffrance sociale n’a pas besoin d’être inventée pour devenir un sujet politique. Mais la formule « France des oubliés » laisse ses contours ouverts. Les données territoriales de l’Insee rappellent notamment qu’en 2023, le taux de pauvreté atteignait 29,5 % en Seine-Saint-Denis. Réduire les difficultés à une seule image de la France reviendrait à en laisser d’autres hors champ. Quant à l’affirmation selon laquelle cette France n’intéresserait pas les médias, la publication ne fournit aucun élément permettant de la vérifier. ()
Ce qu’il faut retenir
Marine Le Pen reprend un thème qu’elle défend depuis des années. Les chiffres donnent du poids au sujet de la pauvreté, pas un monopole sur sa représentation. Entre parler des « oubliés » et établir précisément qui ils sont, il reste un travail que le slogan ne fait pas.
Source : Texte de la publication Facebook transmis pour cet article ; données de l’Insee ; discours publié par le Rassemblement national ; fiche de l’Assemblée nationale. La publication et sa vidéo n’ont pas pu être vérifiées directement.
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