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Face à l’exil et à la guerre, l’UE veut soutenir l’éducation et l’emploi des jeunes Ukrainiens

Depuis le début de l’invasion russe, les jeunes Ukrainiens font face à des trajectoires radicalement différentes : départ à l’étranger, engagement au front ou difficultés à accéder à l’éducation et à l’emploi. À la Conférence pour la reconstruction de l’Ukraine, organisée à Gdańsk le 25 juin 2026, responsables et acteurs associatifs ont rappelé que leur […]

À RETENIR

L’essentiel en quelques secondes

  • Depuis le début de l’invasion russe, les jeunes Ukrainiens font face à des trajectoires radicalement différentes : départ à l’étranger, engagement au front ou difficultés à accéder à l’éducation et à l’emploi.
  • À la Conférence pour la reconstruction de l’Ukraine, organisée à Gdańsk le 25 juin 2026, responsables et acteurs associatifs ont rappelé que leur […]

Une génération confrontée à des choix imposés par la guerre

Les chiffres donnent la mesure des défis. Selon les données de l’UNICEF citées dans l’article, environ 1,2 million de jeunes ont quitté l’Ukraine depuis 2022. Des centaines de milliers d’autres défendent le pays sur le front. Environ deux millions de jeunes ne sont ni en études, ni en emploi, ni en formation — une situation désignée par l’acronyme anglais NEET.

À Gdańsk, deux témoignages ont illustré ces réalités. Anastasiia, 17 ans, vit à l’étranger et a créé une ONG à Cracovie pour soutenir les jeunes Ukrainiens, dans leur pays comme en exil. Rouslan, 22 ans, est resté en Ukraine ; ancien combattant, il a raconté son retour à la vie civile.

La reconstruction ne se limite donc pas aux infrastructures. Lors d’une discussion organisée pendant la conférence, Andreas Schleicher, de l’OCDE, et Pilvi Torsti, de la Fondation européenne pour la formation (ETF), ont insisté sur la place de l’éducation et des compétences dans le redressement du pays.

Construire des politiques pour la jeunesse

Les politiques ukrainiennes en faveur des jeunes se sont développées récemment, après des décennies marquées par des références soviétiques. Olena Podobied-Frankivska, directrice exécutive de l’Association nationale de la jeunesse ukrainienne, estime que le pays a surtout besoin de structures concrètes pour permettre à ces politiques de fonctionner, notamment d’infrastructures destinées aux jeunes.

La guerre complique aussi les projets à long terme. Une étude du British Council publiée en novembre 2024 relève que de nombreux jeunes Ukrainiens peinent à envisager leur avenir au-delà du mois suivant, leurs perspectives restant liées à l’issue du conflit.

L’Union européenne soutient notamment la Garantie pour la jeunesse, qui prévoit de proposer aux jeunes, dans les quatre mois suivant la fin de leurs études ou la perte d’un emploi, une possibilité d’emploi, de formation, de stage ou de poursuite d’études. Pilvi Torsti a participé à son lancement en Finlande en 2013. Le dispositif est ensuite devenu une politique de l’UE et, selon l’article, une condition pour les pays candidats à l’adhésion, dont l’Ukraine.

La question de l’exil reste cependant centrale. Après l’assouplissement, en août 2025, des restrictions de sortie pour les hommes de 18 à 22 ans, près de 100 000 d’entre eux auraient quitté le pays en trois mois, soit environ un sur sept dans cette tranche d’âge, selon le Centre ukrainien pour la stratégie économique. Une analyse du Kyiv Independent a par ailleurs rapporté que 71 % des entreprises ukrainiennes interrogées avaient observé une hausse des départs de jeunes employés après cette décision.

Entre retour et intégration à l’étranger

Le départ d’une partie de la jeunesse alimente des tensions entre ceux qui restent et ceux qui sont partis. Yulian Kritsak, cofondateur de l’ONG 3,5 % en Transcarpatie, dit comprendre la frustration de certains, mais ne constate pas d’hostilité ouverte. Il estime que cette fracture pourrait s’aggraver si des acteurs politiques cherchaient à l’exploiter.

Pour Olena Podobied-Frankivska, le retour d’une majorité des jeunes installés à l’étranger est incertain. Elle appelle à mieux accompagner la diaspora ukrainienne, alors que l’adaptation à la vie dans les pays d’accueil et l’absence d’efforts structurels en sa faveur peuvent éloigner la perspective d’un retour.

La présence des réfugiés ukrainiens profite aussi aux pays d’accueil. En Pologne, leur contribution au produit intérieur brut aurait atteint 2,7 % en 2024, selon une étude du HCR. Cette réalité met en évidence des intérêts parfois divergents : l’Ukraine souhaite retrouver des jeunes qu’elle a formés, tandis que certains pays européens bénéficient de leur travail et de leur intégration.

L’ETF accompagne le gouvernement ukrainien sur les questions d’éducation, d’emploi et de réforme, et facilite les échanges avec les États membres de l’UE. Le Fonds social européen Plus est également ouvert à l’Ukraine, une évolution que Yulian Kritsak juge utile pour développer les compétences et adapter les politiques, notamment à destination des jeunes NEET. L’Ukraine souhaite par ailleurs relever de 30 à 35 ans la limite d’âge de la Garantie pour la jeunesse.

Pour Olena Podobied-Frankivska, les années de guerre et d’enseignement à distance ont profondément marqué cette génération. L’enjeu, résume-t-elle, est de pouvoir « passer du mode survie au mode développement ».


Source : Voxeurop (voxeurop.eu)

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Auteur : Raquel Alonso Rivas

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