Des mesures de redistribution jugées trop souples
Dans son communiqué publié le 15 octobre 2026, l’organisation estime que la proposition réduirait fortement la portée de la dégressivité des aides. Elle relève aussi que le plafonnement, les plans de transition, les paiements destinés aux petits agriculteurs et les aides liées aux contraintes naturelles pourraient devenir facultatifs pour les États membres.
La Confédération paysanne défend au contraire une redistribution renforcée, qu’elle considère nécessaire pour maintenir des fermes dans l’ensemble des territoires et des filières. Elle critique notamment le plafond de 100 000 euros proposé par la Commission européenne, limité aux paiements découplés, et affirme qu’il ne concernerait que quelques exploitations en France.
Le syndicat conteste également le relèvement de ce plafond et le report du déclenchement de la dégressivité. À ses yeux, ces orientations favoriseraient l’agrandissement des exploitations sans orienter les modes de production. Il estime que cela fragiliserait la souveraineté alimentaire et la transition agroécologique, alors que la perspective d’une adhésion de l’Ukraine pourrait accroître les surfaces éligibles aux aides.

Un plafond de 45 000 euros réclamé
La Confédération paysanne propose un soutien de base découplé forfaitaire par agriculteur actif, un paiement redistributif obligatoire et plus important, ainsi qu’une aide obligatoire de 5 000 euros pour les petits agriculteurs. Elle demande aussi de plafonner l’ensemble des aides de la PAC à 45 000 euros, avec une transparence sur les groupements agricoles d’exploitation en commun (GAEC), et de rendre la dégressivité obligatoire et effectivement redistributive.
L’organisation souhaite par ailleurs réduire sensiblement le budget consacré aux paiements découplés afin de renforcer les aides couplées et celles liées à la transition agroécologique. Elle demande que tous les États membres soient tenus d’adopter des plans de transition, notamment pour s’adapter au dérèglement climatique.
Le communiqué plaide également pour le retour d’outils de régulation des marchés et de maîtrise des volumes de production, afin de garantir des prix rémunérateurs. Le syndicat affirme que ces mesures ne doivent pas être financées au détriment de la réserve de crise et cite les sécheresses et les incendies de l’été pour rappeler, selon lui, l’importance de cette réserve.
Le syndicat demande un débat sur la position française
La Confédération paysanne reproche au gouvernement de ne pas avoir créé d’instance de dialogue réunissant les acteurs concernés pour discuter de la position française dans les négociations européennes. Elle réclame l’ouverture d’un espace de débat et de suivi, ainsi qu’une position française qu’elle souhaite claire et favorable à une redistribution renforcée.
Source : Confédération paysanne : communiqués de presse (www.confederationpaysanne.fr)
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