Google teste quatre puces en orbite, première étape vers des centres de données spatiaux
Google prévoit de tester quatre puces électroniques en orbite le jeudi 1er octobre 2026. Cette expérience doit déterminer si elles peuvent fonctionner malgré les rayonnements et les éruptions solaires, avant d’envisager d’éventuels centres de données spatiaux. L’idée promet un accès à l’énergie solaire, mais soulève aussi des inquiétudes sur les coûts, la maintenance et les effets environnementaux.
Un test, pas encore un centre de données
Le premier satellite de Google, de la taille d’un réfrigérateur, emportera quatre puces. L’objectif est d’observer leur comportement dans l’espace, notamment face aux rayons cosmiques et aux éruptions solaires. Le lancement est présenté comme une étape préliminaire : il ne s’agit pas encore de déployer un véritable datacenter en orbite. Google décrit cette mission comme un test de son matériel avant d’envisager la suite du projet. (blog.google)
D’autres acteurs explorent cette possibilité. Selon les informations rapportées, au moins une dizaine d’entreprises travaillent sur des projets similaires, parmi lesquelles SpaceX, Anthropic et Amazon. L’ambition est de déplacer une partie des infrastructures numériques hors de la Terre, alors que leur installation suscite des critiques et que la place disponible devient un enjeu.
L’énergie solaire, principal argument
Les promoteurs de ces installations mettent en avant l’énergie solaire, captée par de grands panneaux photovoltaïques. Emeric Lhomme, PDG d’Alatyr, une jeune entreprise française qui développe des modèles de datacenters spatiaux, estime que la surface des panneaux déterminerait la quantité d’énergie accessible à l’infrastructure.
Alatyr imagine une structure de 15 000 m², plus grande que la Station spatiale internationale. Emeric Lhomme affirme également que ses datacenters pourraient rester quinze ans en orbite, soit trois fois plus longtemps que ceux de concurrents évoqués dans le reportage. Ces dimensions et cette durée relèvent des ambitions annoncées par l’entreprise, et non d’installations déjà opérationnelles.
Des coûts et des risques environnementaux
Le passage à l’échelle se heurte à plusieurs difficultés : le coût, évalué à des dizaines de milliards d’euros, la maintenance du matériel et son refroidissement. Le débat porte aussi sur le bilan écologique du projet. Pour Olivier Sanguy, responsable de l’actualité spatiale à la Cité de l’espace, déplacer les infrastructures en orbite pourrait revenir à transférer la pollution plutôt qu’à la supprimer.
La fin de vie des satellites constitue une autre préoccupation. Certains se désintègrent en partie lorsqu’ils rentrent dans l’atmosphère. Olivier Sanguy met en garde contre l’augmentation possible de leur nombre : plus de 10 000 satellites sont actuellement en activité, tandis que des projections évoquées par SpaceX atteindraient 100 000, voire un million. Il estime que la rentrée de ces engins pourrait avoir des conséquences sur l’atmosphère, notamment sur la couche d’ozone.
Cette multiplication soulève enfin une question de sécurité. Olivier Sanguy relève l’absence de véritable règle de navigation dans l’espace. Le test de Google doit donc d’abord apporter des informations sur le fonctionnement des puces en orbite ; il ne tranche pas les questions que poseraient des infrastructures beaucoup plus importantes.
Source : franceinfo- Espace (www.franceinfo.fr)
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