Un compromis centré sur la sécurité
Le 18 septembre, Donald Trump avait annoncé un accord avec Copenhague sur la sécurité de l’île. Le président américain avait affirmé que Washington prendrait entièrement en charge sa défense. Quatre jours plus tard, il a signé le texte avec la Première ministre danoise Mette Frederiksen et le chef du gouvernement groenlandais, Jens-Frederik Nielsen.
L’accord complète celui de 1951 sur la défense du Groenland. Il permet notamment aux États-Unis de moderniser leur base de Pituffik et prévoit la possibilité d’établir de nouvelles zones de défense, selon des modalités à convenir entre les parties. Il élargit également les droits d’accès et de circulation des forces américaines sur le territoire groenlandais.
Le texte encadre par ailleurs la présence d’acteurs extérieurs : les États non membres de l’Otan ne pourront pas établir d’installations militaires au Groenland ni y maintenir une présence permanente de forces, sauf accord contraire. Des restrictions visent aussi certaines prises de contrôle ou influences étrangères dans des secteurs jugés sensibles pour la sécurité. La Chine et la Russie, adversaires des États-Unis cités par Voxeurop, sont au cœur de ces préoccupations.
Deux camps revendiquent un résultat favorable
À Washington, Donald Trump a présenté l’accord comme une réponse aux préoccupations américaines en matière de sécurité. Du côté danois, le maintien de la souveraineté du Royaume et la reconnaissance du droit des Groenlandais à décider de leur avenir constituent des éléments essentiels du compromis. Le préambule du texte réaffirme ces principes.
Mais l’accord ne fait pas l’unanimité. Des critiques estiment que les mois de pression politique et de menaces ayant précédé les négociations contribuent à banaliser la coercition comme méthode diplomatique. Cette lecture contraste avec la présentation officielle de l’accord comme un renforcement de la sécurité commune dans l’Arctique et l’Atlantique Nord.
Signé à New York le 22 septembre, le document ne peut pas encore être considéré comme entré en vigueur : il doit d’abord passer les procédures parlementaires prévues au Danemark et au Groenland. Son application dépend donc de cette étape.
Source : Voxeurop (voxeurop.eu)
Article original : Consulter la source originale



