Un hymne associé à des cortèges contestataires
Le texte décrit des rassemblements marqués par des blocages de lycées et des manifestations, notamment place de la Bastille. Des jeunes y auraient entonné La Marseillaise au milieu de slogans comme « ACAB » et « Macron démission », tandis que des projectiles et des mortiers étaient lancés en direction des policiers et des gendarmes, selon le récit de la chronique.
Pour Laurence Ferrari, ce choix musical détonne : elle s’attendait plutôt à entendre L’Internationale, associée aux barricades de Mai 68 et au mouvement ouvrier. Mais La Marseillaise porte elle aussi une histoire révolutionnaire. Composée par Rouget de Lisle en 1792, elle est déclarée chant national en 1795, puis choisie comme hymne national en 1879. ([elysee.fr](https://www.elysee.fr/la-presidence/la-marseillaise-de-rouget-de-lisle?utm_source=openai))
La chronique rappelle que les chants ont accompagné des épisodes historiques différents. Pendant la Première Guerre mondiale, La Marseillaise accompagne le départ des soldats, tandis que La Madelon et la Chanson de Craonne expriment d’autres expériences du front. En mai 1943, le Chant des partisans devient, dans le récit proposé, la voix de la Résistance ; à la Libération, l’hymne national retentit de nouveau dans les rues de Paris.
La Bastille et la réappropriation des symboles
Que signifie alors l’hymne dans ces manifestations ? Laurence Ferrari avance plusieurs pistes sans trancher : les jeunes pourraient dénoncer, à travers lui, une promesse d’égalité qu’ils estiment non tenue ; se donner une voix commune dans un lieu chargé d’histoire ; ou s’approprier un symbole républicain qu’ils considèrent comme appartenant au peuple, plutôt qu’au gouvernement et aux institutions.
La chronique cite des slogans portant sur le manque de professeurs ou les moyens de l’enseignement, ainsi que des formules plus provocatrices rapportées à Nantes. Elle y lit une forme de conscience politique, mais cette interprétation relève de l’analyse de l’autrice et ne constitue pas, à elle seule, une explication établie des motivations des manifestants.
Le texte établit également un lien avec Jean-Luc Mélenchon : selon Laurence Ferrari, il utilise La Marseillaise dans ses meetings depuis 2012 et a fait de la place de la Bastille le point d’arrivée de marches pour la VIe République. La chronique rapporte qu’il a écrit « La Bastille est reprise » sur X le 8 octobre 2026.
Une lecture politique de la jeunesse
Pour l’autrice, l’hymne et le drapeau tricolore peuvent rassembler au-delà des symboles traditionnellement associés à la gauche. Elle oppose cette conquête symbolique aux violences qu’elle décrit dans les cortèges et interprète les slogans comme l’expression d’un rapport conflictuel au système politique et scolaire. Cette lecture, qui conclut sur la crainte d’une radicalisation, est celle de la chronique.
La question soulevée dépasse ainsi le choix d’un chant : dans ces rassemblements, La Marseillaise peut être entendue à la fois comme un emblème national et comme un moyen de contester ceux qui gouvernent. Le texte ne permet toutefois pas d’attribuer une motivation unique à l’ensemble des jeunes présents.
Source : Toute l'actualité du Journal du dimanche (www.lejdd.fr)
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Auteur : leJDD



