Des élèves confinés pendant les tirs
Au moment des faits, des élèves étaient en cours. Kenzo, collégien de troisième, raconte avoir entendu des bruits avant le déclenchement de l’alarme. Dans sa classe, les élèves ont bloqué la porte avec une armoire. Selon les premiers éléments rapportés, le jeune suspect aurait tiré une première fois sur le palier du premier étage, puis de nouveau dans une salle de classe au deuxième.
Le principal et une enseignante ont été blessés. Un membre de l’équipe éducative a désarmé l’adolescent, mettant fin à son parcours dans l’établissement. Le suspect a été placé en garde à vue pour tentative d’assassinat. La procureure adjointe de Marseille, Audrey Jouaneton, a indiqué que l’intention de l’auteur présumé n’était pas connue à ce stade.
Des élèves interrogés devant le collège avancent leurs propres explications, sans qu’elles soient confirmées par l’enquête. Kenzo évoque notamment un possible conflit lié à une ancienne relation du suspect et à la diffusion d’images intimes. Un autre jeune décrit un adolescent souvent énervé après des échanges avec le directeur. Ces témoignages contrastent avec celui de Christophe, professeur d’espagnol, qui dit n’avoir jamais rencontré de problème de discipline avec lui.
Une cellule d’écoute mobilisée
Durant l’après-midi, une cellule psychologique réunissant un médecin, une infirmière et des membres de l’association Aide aux victimes d’actes de délinquance a reçu une soixantaine de personnes, élèves et professeurs. Plusieurs avaient assisté directement aux scènes. Des parents venus chercher leurs enfants ont insisté sur l’importance de cet accompagnement, même lorsque les jeunes disent aller bien.
Le maire d’Aubagne, Jean-Pierre Squillari, présent sur place, a décrit un établissement où, selon lui, élèves, enseignants et familles entretiennent des liens étroits. Le collège propose notamment des cours de langue et de culture provençales, un dispositif ULIS pour les élèves en situation de handicap et un micro-collège destiné à des jeunes en décrochage scolaire. Quelques jours avant les tirs, l’établissement avait célébré son quarantième anniversaire.
Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, et le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, se sont rendus sur place lundi. Ils ont salué la réaction de la communauté éducative et le rôle du personnel qui a maîtrisé le suspect. La brigade criminelle a été saisie.
Le débat sur la sécurité du collège
La présidente du Département des Bouches-du-Rhône, Martine Vassal, a soulevé la question des équipements de sécurité. Elle affirme que des portiques, des grillages et des caméras avaient été proposés aux collèges publics, mais que certains établissements, dont Lakanal à l’époque de l’ancien directeur, avaient refusé leur installation. Elle qualifie ce choix d’idéologique, tout en reconnaissant que le risque zéro n’existe pas.
Des parents présents devant le collège ont, eux, rappelé qu’aucun dispositif ne devrait faire oublier l’essentiel : un tel drame ne devrait pas se produire. L’établissement devait rester fermé aux élèves mardi 13 octobre, tandis que les enseignants devaient s’y réunir. Un hommage national était également prévu ce jour-là pour Samuel Paty, assassiné le 16 octobre 2020, et Dominique Bernard, tué le 13 octobre 2023.
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Auteur : leJDD



