La tournée des facilitateurs de l’Union africaine en République démocratique du Congo vise à rapprocher les acteurs d’une crise suivie dans plusieurs cadres diplomatiques. Mais alors que les combats se poursuivent dans certaines zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, des observateurs s’interrogent sur la capacité des médiations à produire des résultats concrets. À Kinshasa, le projet de dialogue national reste lui aussi en attente.
Une médiation africaine face à plusieurs processus
Après des étapes à Goma et à Kigali, les facilitateurs africains ont poursuivi leurs consultations à Kinshasa. Leur mission consiste notamment à maintenir les démarches engagées à Washington entre la RDC et le Rwanda, ainsi qu’à Doha entre Kinshasa et l’AFC/M23.
Ces initiatives diplomatiques n’ont pas, à ce stade, mis fin aux affrontements dans l’est du pays. Les parties se reprochent mutuellement de ne pas respecter leurs engagements, tandis que les résultats sur le terrain demeurent limités.
Onesphore Sematumba, spécialiste de la région des Grands Lacs à l’International Crisis Group, estime qu’un minimum de confiance entre les acteurs est indispensable pour faire avancer les discussions. Il voit dans la tournée un signe que l’Union africaine entend prendre part aux efforts, tout en soulignant qu’il est encore trop tôt pour en mesurer les effets.
La crédibilité des accords en question
Pour Roger-Claude Liwanga, professeur au Baromètre des accords de paix en Afrique, l’enjeu ne se limite plus au choix des mécanismes de médiation. Il met en cause la crédibilité des processus lorsque les avancées diplomatiques annoncées ne se traduisent pas par des changements sur le terrain.
Il appelle les médiateurs, facilitateurs et garants des accords à faire pression sur les parties afin qu’elles respectent leurs obligations de bonne foi. Cette question se pose alors que chaque camp accuse l’autre de manquer à ses engagements.
Le dialogue national reste à définir
En parallèle des démarches consacrées au conflit dans l’est, les autorités congolaises cherchent à mettre en place un dialogue national. Félix Tshisekedi a présenté ce projet comme un cadre de concertation destiné à renforcer l’unité du pays face à la crise sécuritaire.
Les consultations se poursuivent avec la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) et l’Église du Christ au Congo (ECC). Les deux organisations religieuses demandent un dialogue inclusif et crédible. Des désaccords persistent cependant sur les participants, le format des échanges et les lignes rouges du pouvoir.
Le 9 octobre, l’ancien président Joseph Kabila a, dans une adresse diffusée ce vendredi, vivement critiqué les autorités. Sans citer Félix Tshisekedi, il a dénoncé ce qu’il considère comme le rejet des initiatives de paix et la poursuite du conflit dans l’est. Il a également accusé le pouvoir de réprimer des opposants, des activistes et des journalistes, et critiqué l’accord sur les minerais stratégiques conclu avec les États-Unis. Joseph Kabila a annoncé qu’il présenterait prochainement ses propositions pour sortir le pays de la crise.
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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