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Décryptage

Présidentielle 2027 : Mélenchon à 15,5 % dans un scénario Ipsos, sur fond de divisions à gauche

Dans un scénario Ipsos de septembre 2026, Jean-Luc Mélenchon recueille 15,5 % des intentions de vote. D’autres configurations donnent des résultats différents : les sondages…

À RETENIR

L’essentiel en quelques secondes

  • Dans un scénario Ipsos de septembre 2026, Jean-Luc Mélenchon recueille 15,5 % des intentions de vote.
  • D’autres configurations donnent des résultats différents : les sondages…

Jean-Luc Mélenchon peut-il se qualifier pour le second tour de la présidentielle de 2027 ? Les enquêtes publiées en septembre 2026 rendent cette hypothèse crédible dans certaines configurations, sans en faire une prévision. Derrière le « très haut, très tôt » revendiqué par son camp, les chiffres racontent surtout une compétition encore ouverte pour la deuxième place.

Un candidat installé, une qualification non acquise

Dans son article publié le 11 octobre 2026, franceinfo décrit une campagne insoumise lancée tôt : La France insoumise revendiquait, le 8 octobre, plus de 400 000 soutiens à la candidature de Jean-Luc Mélenchon et préparait un meeting à Clermont-Ferrand pour ce dimanche 11 octobre. Le chiffre des soutiens est une revendication du mouvement, pas un nombre de voix ni une mesure indépendante des intentions de vote.

Le point de comparaison électoral le plus solide reste le premier tour du 10 avril 2022. Mélenchon y a obtenu 7 712 520 voix, soit 21,95 % des suffrages exprimés, contre 8 133 828 voix, soit 23,15 %, pour Marine Le Pen. L’écart était de 421 308 voix. Il était donc proche du second tour, mais n’y était pas qualifié. Ce résultat officiel ne permet pas de convertir mécaniquement un pourcentage de sondage pour 2027 en voix : ni la participation ni l’offre de candidatures ne sont fixées. ([archives-resultats-elections.interieur.gouv.fr](https://www.archives-resultats-elections.interieur.gouv.fr/resultats/presidentielle-2022/FE.php))

Ce que mesurent réellement les sondages

L’enquête Ipsos publiée le 13 septembre repose sur des réponses recueillies en ligne du 3 au 9 septembre 2026 auprès de 13 060 personnes inscrites sur les listes électorales, selon la méthode des quotas. Dans le scénario associant notamment Raphaël Glucksmann à gauche et Édouard Philippe au centre, sans Gabriel Attal, Mélenchon recueille 15,5 % des intentions de vote exprimées par les répondants se déclarant certains de voter. Philippe est à 17,5 % et Marine Le Pen à 33,5 %. Pour ce scénario précis, la base des intentions exprimées est de 9 327 personnes ; Ipsos indique des marges d’erreur de plus ou moins 0,7 point pour Mélenchon et de plus ou moins 0,8 point pour Philippe. Il s’agit d’une réponse à une question hypothétique sur le premier tour, pas d’un bulletin déjà déposé dans l’urne. ([ipsos.com](https://www.ipsos.com/fr-fr/presidentielle-2027-le-point-7-mois-du-scrutin?trk=article-ssr-frontend-pulse_little-text-block))

Autre photographie, autre institut : l’enquête Cluster17 pour Politico, réalisée en ligne les 15 et 16 septembre et publiée le 24 septembre, porte sur 1 943 inscrits issus d’un échantillon de 2 045 personnes. Les effectifs ayant exprimé une intention de vote varient selon les scénarios ; l’institut précise aussi ses redressements et ses marges d’erreur. Mélenchon et Philippe sont tous deux à 19 % dans une hypothèse. Lorsque Gabriel Attal est testé à la place de Philippe, Mélenchon atteint 20 % et Attal recueille 13,5 %. Cluster17 donne Marine Le Pen entre 30 % et 31 % selon les configurations. Le « 20 % » souvent brandi n’est donc pas un score valable quel que soit l’adversaire placé sur la ligne de départ. ([cluster17.com](https://cluster17.com/wp-content/uploads/2026/09/Intentions-de-vote-P27-Politico-Septembre-26.pdf))

Pourquoi « très haut » demande une précision

Les deux instituts placent Mélenchon à un niveau qui le rend compétitif pour la deuxième place dans certains scénarios testés. Ils ne donnent cependant ni le même chiffre ni exactement la même photographie de la compétition. Chez Ipsos, ses intentions de vote vont de 15,5 % à 17 % selon les candidatures envisagées ; celles de Philippe, de 14 % à 21 %. Ce grand écart est en lui-même une information : à ce stade, la composition de l’affiche pèse lourd dans la lecture du résultat. ([ipsos.com](https://www.ipsos.com/fr-fr/presidentielle-2027-le-point-7-mois-du-scrutin?trk=article-ssr-frontend-pulse_little-text-block))

« Très haut » peut décrire sa position face à plusieurs concurrents potentiels. La formule est moins convaincante si elle suggère qu’il aurait déjà dépassé son résultat de 2022 : ses 21,95 % de suffrages exprimés d’alors restent supérieurs aux niveaux mesurés ici. Comparer directement un vote réel et des intentions recueillies avant une autre élection a, de toute façon, une portée limitée. ([archives-resultats-elections.interieur.gouv.fr](https://www.archives-resultats-elections.interieur.gouv.fr/resultats/presidentielle-2022/FE.php))

Une stratégie, pas une explication prouvée

Franceinfo rapporte que les cadres insoumis attribuent cette situation à une organisation rodée et à une campagne préparée de longue date. Le sondeur Mathieu Gallard évoque, lui, la possibilité qu’une partie des électeurs de gauche se tourne vers le candidat qu’elle juge le mieux placé. Ces lectures aident à comprendre le raisonnement des acteurs ; les pourcentages publiés ne prouvent pas, à eux seuls, quelle cause explique la position de Mélenchon. Ils ne permettent pas davantage de déduire qu’un soutien déclaré à sa candidature deviendra un vote.

Une limite apparaît aussi dans le détail d’Ipsos : dans le scénario Mélenchon-Glucksmann-Philippe, 9 % des personnes certaines d’aller voter n’expriment pas d’intention de vote. Et les candidatures soumises aux répondants sont des hypothèses d’enquête, non la liste définitive du scrutin. La campagne peut encore modifier les choix, la mobilisation et l’offre politique. ([ipsos.com](https://www.ipsos.com/sites/default/files/ct/news/documents/2026-09/enquete-electorale-francaise-2026-vague-3-rapport-complet.pdf))

Ce qu’il faut retenir

Établi : en septembre 2026, plusieurs scénarios de sondage placent Mélenchon dans la compétition pour la deuxième place ; aucun des chiffres cités ne le qualifie pour un second tour réel. Analysé : son camp dispose d’un argument de campagne lorsqu’il met en avant cette position. Incertain : les candidats effectivement présents, la participation et le rapport de forces au premier tour de 2027. Le thermomètre existe ; inutile de lui demander de proclamer les résultats avant l’élection. ([ipsos.com](https://www.ipsos.com/sites/default/files/ct/news/documents/2026-09/enquete-electorale-francaise-2026-vague-3-rapport-complet.pdf))

Sources complémentaires

  • Ipsos, enquête électorale française, septembre 2026 : rapport complet et méthodologie. ([ipsos.com](https://www.ipsos.com/sites/default/files/ct/news/documents/2026-09/enquete-electorale-francaise-2026-vague-3-rapport-complet.pdf))
  • Cluster17, enquête pour Politico, septembre 2026 : résultats et méthodologie. ([cluster17.com](https://cluster17.com/wp-content/uploads/2026/09/Intentions-de-vote-P27-Politico-Septembre-26.pdf))
  • Ministère de l’Intérieur, présidentielle 2022 : résultats nationaux proclamés. ([archives-resultats-elections.interieur.gouv.fr](https://www.archives-resultats-elections.interieur.gouv.fr/resultats/presidentielle-2022/FE.php))

Source principale : franceinfo- Présidentielle 2027 (www.franceinfo.fr)

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