Le détroit d’Ormuz au cœur des affiches
Au printemps, plusieurs panneaux mettent en scène le détroit d’Ormuz. Le 15 avril, une affiche photographiée à Téhéran évoque ce passage maritime, présenté comme protégé des attaques américaines et israéliennes. Le 28 avril, place de la Révolution, une autre annonce que le détroit « reste fermé » et montre des avions et des bateaux américains pris dans un filet de pêche.
Le 6 mai, place Vanak, un panneau reprend le même thème avec une inscription en persan traduite par « Pour toujours aux mains de l’Iran ». Quelques jours plus tard, le 10 mai, une affiche installée place Valiasr représente Donald Trump associé au détroit. Les légendes des images décrivent cette composition comme une représentation du président américain réduit au silence.
Des représentations visant Washington et Israël
D’autres panneaux s’attaquent directement aux dirigeants américains et israéliens. Le 19 juillet, une affiche montre Donald Trump et le Premier ministre israélien en train de se noyer dans une eau rouge. Le texte en anglais qui accompagne l’image annonce : « Vous vous noierez dans la mer de la vengeance de la nation iranienne. »
Le même jour, place Valiasr, une autre composition fait allusion à la mort du sénateur américain Lindsey Graham, survenue le 11 juillet. La formule en anglais « Who is D nexT one ? » joue sur les lettres de « the next one » et sur une représentation de la coiffure de Trump, selon la description du panneau.
Le 31 août, une affiche photographiée dans le centre-ville montre Donald Trump à l’intérieur d’un conteneur de restauration installé sur un bâtiment. Les panneaux ne se limitent donc pas aux enjeux militaires : plusieurs recourent aussi à la caricature et aux jeux visuels pour tourner en dérision le président américain.
Figures iraniennes et démonstration de force
Les images rendent également hommage à des figures iraniennes et alliées de Téhéran. Le 5 mai, un panneau représente l’ayatollah Ali Khamenei, tué en février 2026 lors d’une attaque militaire des États-Unis et d’Israël contre l’Iran. Le 27 septembre, une autre affiche associe son portrait à celui de Hassan Nasrallah, dirigeant du Hezbollah libanais, à l’occasion du deuxième anniversaire de la mort de ce dernier, tué lors d’une frappe israélienne dans la banlieue sud de Beyrouth.
Le 28 septembre, place Venak, un panneau représente un membre armé des Gardiens de la révolution iranienne, le pied posé sur un véhicule sous-marin autonome américain Remus 600. Cette installation fait suite à l’annonce des pasdarans selon laquelle l’appareil aurait été saisi lors d’opérations de déminage et de reconnaissance dans le détroit d’Ormuz.
Le lendemain, 25 septembre, des membres de la force paramilitaire Basij défilent à moto devant une affiche anti-américaine lors du rassemblement Jan-Fada. La photographie est prise au lendemain du discours du président iranien à l’ONU, où il a affirmé que l’Iran ne « plierait pas le genou » devant Washington. Le président américain avait, de son côté, reconnu l’existence de pourparlers entre les deux pays.
Au fil des mois, ces panneaux composent ainsi une galerie de messages politiques dans l’espace public de Téhéran : contrôle revendiqué du détroit d’Ormuz, mise en scène de matériel militaire et portraits de dirigeants ou d’adversaires. Les clichés montrent les passants, automobilistes et motards circulant devant ces images monumentales, intégrées au paysage quotidien de la capitale.
Source : 20Minutes – Une (www.20minutes.fr)
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Auteur : Lucie Tollon



