Miralis résiste malgré les défis économiques
15 mai 2026 — La guerre commerciale actuelle pèse lourd sur Miralis, un fabricant d’armoires de cuisine basé à Saint-Anaclet-de-Lessard, dans le Bas-Saint-Laurent, qui fait face à une taxe de 25 % dans un marché où l’offre dépasse largement la demande. Malgré ce contexte difficile, l’entreprise parvient à se maintenir à flot.
Miralis figure cette année encore au palmarès des Sociétés les mieux gérées de Deloitte. Son PDG, Daniel Drapeau, exprime une certaine ironie face à cette reconnaissance en pleine crise de l’industrie. À la tête de la PME depuis 2007, Drapeau attribue cette performance à une gestion « très structurée » et à un fort accent sur l’automatisation et l’innovation.
Les investissements réalisés durant la pandémie dans deux usines à la pointe de la technologie commencent à porter leurs fruits, permettant à l’entreprise d’améliorer sa prévisibilité, sa qualité et sa sécurité. « On démontre maintenant hors de tout doute que l’automatisation fonctionne », souligne Drapeau, notant que cela aide à mieux contrôler les coûts.
Cependant, le marché ne suit pas. Drapeau indique que la hausse des importations, en particulier en provenance d’Asie, complique la situation. « On est prêts à croître, mais on est incapables de croître », déclare-t-il. Cette surabondance d’importations engendre une pression accrue sur l’ensemble de l’industrie, certains acteurs modifiant même leur modèle d’affaires pour assembler des produits importés plutôt que de fabriquer localement. Miralis, spécialisé dans le haut de gamme, refuse cette option.
Les tensions commerciales avec les États-Unis, exacerbées par les droits de douane de 25 %, compliquent également l’accès au marché. Malgré ces défis, Drapeau reste déterminé à maintenir une présence dans ce secteur.
Pour tenter de rétablir l’équilibre, Miralis multiplie les initiatives auprès des autorités pour limiter les importations. Drapeau souligne l’importance d’agir rapidement, appelant à la mise en place de tarifs provisoires pour stopper l’afflux d’importations.
En attendant, l’entreprise s’adapte à la situation en rationalisant ses opérations. Cela inclut des réductions d’heures de travail et des mises à pied temporaires, des décisions difficiles après des décennies de croissance continue. « Ça fait 30 ans qu’on est en croissance. On n’est pas habitués à ça », confie Drapeau.
Miralis explore également de nouveaux axes de croissance, notamment dans le secteur des multilogements, qui pourrait représenter jusqu’à 30 % de ses activités. Cette diversification vise à limiter la baisse des ventes et à ouvrir de nouvelles perspectives.
Dans un contexte difficile, la communication avec les 200 employés devient cruciale. Drapeau mise sur la transparence pour expliquer la situation et maintenir un esprit d’équipe.
La campagne publicitaire récente de Miralis, mettant en scène le personnage de Donalda, a eu un impact significatif, augmentant la visibilité de la marque et les ventes. Drapeau exprime le souhait de relancer cette initiative malgré les défis actuels.
Source : La Presse