Usurpation d’identité : un entrepreneur victime d’un vol de données
Début 2025, Hamadi (prénom modifié) sort d’un entretien avec son conseiller France Travail en région parisienne. À 44 ans, après plusieurs années dans une société de services en informatique, il se prépare à une reconversion professionnelle. Son projet : créer une entreprise de conseil, avec un lancement prévu dès le lendemain de sa rupture conventionnelle.
Pour réaliser son projet, Hamadi sollicite le soutien de France Travail, notamment une aide à la reprise et à la création d’entreprise. Cette aide consiste à percevoir ses allocations-chômage sous forme de capital, avec un premier versement à l’initiation de son activité, suivi d’un second six mois plus tard. Cela lui permettrait de constituer un petit pécule pour démarrer son entreprise et embaucher un salarié. Avec un enfant et un second en route, ainsi qu’un crédit immobilier, il se trouve dans une situation où chaque étape doit être soigneusement planifiée. « Il fallait que tout soit carré », souligne-t-il.
Cependant, dans la voiture, au retour de son rendez-vous, il reçoit un appel de son conseiller. Ce dernier l’informe qu’il ne pourra pas bénéficier de l’aide espérée, car il a démissionné de son poste de chauffeur de poids lourds. Cette situation met en lumière les risques liés à l’usurpation d’identité, notamment dans un contexte où les informations personnelles peuvent être facilement compromises.
Selon la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL), les cas d’usurpation d’identité continuent d’augmenter en France, avec des milliers de plaintes enregistrées chaque année. En 2022, près de 7 000 cas de fraudes ont été signalés, soulignant l’importance d’une vigilance accrue en matière de protection des données personnelles.
Cette situation illustre les défis auxquels font face de nombreux entrepreneurs en France, où la sécurité des données et l’accès aux aides publiques sont cruciaux pour la réussite de leurs projets.
Source : Le Monde
