Mali : que disent vraiment les faits sur la situation sécuritaire ? – Bénin Check

Mali : Une situation sécuritaire critique face à l’inaction russe

Le Mali est actuellement confronté à une crise sécuritaire majeure, exacerbée par une offensive coordonnée du JNIM (Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin, affilié à Al-Qaïda) et du Front de Libération de l’Azawad (FLA) le 25 avril 2026. Ces attaques simultanées sur plusieurs villes, dont Kidal, Gao, Mopti, Sévaré, Kati et les abords de Bamako, ont entraîné une perte de contrôle de la ville de Kidal et un blocus sur la capitale, aggravant la situation pour le peuple malien.

Face à cette escalade, la Russie, partenaire militaire du Mali, est mise à l’épreuve. À ce jour, aucun renfort significatif, que ce soit en hommes ou en matériel, n’est arrivé de Moscou, alors que les groupes terroristes affichent clairement leur intention de renverser le régime en place. Cette inaction soulève des questions sur la fiabilité du partenariat instauré depuis 2021.

Depuis l’arrivée des premiers éléments de Wagner, remplacés par l’Africa Corps, le coût de cette coopération pour le Mali est estimé à près d’un milliard de dollars, englobant équipements, salaires des mercenaires et logistique. En contrepartie, Bamako a soutenu la Russie à travers des discours anti-occidentaux, des événements célébrant la Russie et des votes alignés à l’ONU. Cependant, alors que la menace se rapproche de la capitale, les renforts promis par le Kremlin semblent absents, laissant le Mali dans une situation précaire.

Si les mercenaires russes ne parviennent pas à stopper le JNIM ou à reprendre les villes clés comme Gao et Tombouctou, la crédibilité de la Russie au Mali sera sérieusement remise en question. La perte de Kidal, qui avait été reprise en 2023, est perçue comme une trahison par les autorités maliennes, aggravée par des critiques internes concernant la performance des Forces armées maliennes.

La communication officielle, tant malienne que russe, tend à minimiser la gravité de la situation, évoquant des victoires sur le terrain alors que des pertes significatives ont été subies. Des médias pro-russes critiquent même ouvertement les FAMA, ce qui soulève des doutes sur la nature du partenariat entre les deux pays.

La situation au Mali a des implications qui dépassent le cadre national, avec d’autres pays africains observant attentivement. La question demeure : la Russie sera-t-elle présente au moment critique pour ses alliés africains, ou privilégiera-t-elle ses propres intérêts ?

Source : Bénin Check

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