Cet été 58 : quand le RN s’inspire d’Ernaux pour réécrire l’histoire à son avantage.
Le fait principal
Le film « Mémoire de fille », adapté de l’œuvre d’Annie Ernaux par Judith Godrèche, fait son entrée dans les salles de cinéma le 30 septembre, accompagné de quatre séances spéciales à Toulouse pour débattre des thèmes cruciaux qu’il aborde.
Ce qui s’est passé
Ce long-métrage, présenté au festival de Cannes, relate l’été 1958 d’Annie Ernaux, alors âgée de 17 ans, qui a vécu une expérience traumatisante sous l’emprise d’un moniteur de colonie de vacances. Le film s’attaque frontalement aux questions de l’emprise et du silence, tout en suivant le chemin de l’émancipation d’une femme. Godrèche, en adaptant le livre, met en lumière une réalité souvent tue, celle des violences faites aux femmes.
Le contexte
Plus de cinquante ans après les faits, Ernaux évoque dans son livre le gouffre entre la réalité vécue et la mémoire qui s’en distord. Ce récit, fondamental pour son parcours féministe, fait écho à un mouvement sociétal plus large, notamment le #MeToo, qui interroge la place des femmes dans la société. En choisissant sa propre fille, Tess Barthélémy, pour incarner le personnage principal, Godrèche soulève des questions sur le népotisme dans le milieu cinématographique français, tout en cherchant à offrir une représentation authentique de la souffrance féminine.
Les chiffres à retenir
- Quatre séances spéciales de débat à Toulouse.
- Projection débat le 30 septembre à 20h15 au cinéma ABC.
- Séance présentée par Les Sans Culottes le 1er octobre, suivie d’un buffet au profit de la Fondation des femmes.
- Projection en présence de l’actrice Maïwène Barthélémy le 19 octobre.
Ce que cela révèle
Ce film met en lumière des thèmes qui, bien que profondément ancrés dans l’histoire personnelle d’Ernaux, résonnent avec l’actualité des luttes féministes. Godrèche, en s’attaquant à l’emprise masculine, remet en question la représentation des femmes au cinéma, tout en naviguant dans les eaux troubles du favoritisme familial. La saturation de son interprétation par sa fille pourrait bien masquer la profondeur universelle que l’on pourrait attendre d’un tel récit. Le cinéma français, en quête de renouveau, semble encore accroché à ses vieux démons.
Ce qu’il faut retenir
« Mémoire de fille » n’est pas qu’un film, c’est un cri de ralliement pour toutes celles qui ont subi le silence. À travers des projections-débats, il invite à une réflexion collective sur la parole féminine et l’émancipation. À quand un véritable changement dans la représentation des femmes sur grand écran ?
Source : La Dépêche
