Val-de-Marne : 7 500 agents dénoncent le harcèlement moral, un modèle de bienveillance ?
Le fait principal
Une plainte inédite a été déposée par une intersyndicale au nom des 7 500 agents du conseil départemental du Val-de-Marne, dénonçant un harcèlement moral institutionnel et des conditions de travail dégradées.
Ce qui s’est passé
Le 22 septembre, une intersyndicale regroupant la CGT CD 94, Ugict-CGT, FSU SNUTER 94 et CFDT Interco a déposé une plainte au pôle social du parquet de Paris. Cette action vise sept responsables, dont le président du conseil départemental, Olivier Capitanio (Les Républicains), et son vice-président, Julien Weil. Les agents, qui s’occupent des crèches, collèges, protection de l’enfance et aides aux personnes âgées, affirment avoir épuisé tous les recours internes.
Le contexte
Les agents dénoncent une gestion marquée par des économies drastiques, entraînant des suicides parmi le personnel. Trois agents se sont donné la mort en un an, illustrant une détresse croissante. La plainte, de 63 pages, évoque une réduction de 474 équivalents temps plein entre 2024 et 2026, des non-remplacements de départs en retraite et des pressions managériales déshumanisantes.
Les chiffres à retenir
– 474 équivalents temps plein supprimés entre 2024 et 2026.- Augmentation des mises en disponibilité d’office pour raison de santé multipliées par quatre.- Temps partiels thérapeutiques triplés.- Visites médicales à la demande des agents en hausse de 79% entre 2024 et 2025.- Délai d’instruction pour la protection de l’enfance passé de trois mois à dix mois.
Ce que cela révèle
Les conditions de travail des agents sont devenues insoutenables. La hiérarchie, selon les témoignages, utilise des techniques managériales brutales, allant jusqu’à dire : « Ceux qui chouinent peuvent prendre la porte ». Pendant ce temps, Olivier Capitanio et Julien Weil parlent d’une « remise en cause injuste » de la qualité du travail, tout en affirmant que les budgets pour la protection de l’enfance sont en « progression constante ». Un véritable tour de passe-passe, où les mots cachent une réalité tragique.
Ce qu’il faut retenir
Cette plainte est un cri d’alarme sur les dérives managériales et les conséquences désastreuses des politiques d’austérité sur le personnel des services publics. Le message est clair : la dignité au travail ne peut pas être sacrifiée sur l’autel des économies budgétaires. La défense du service public devient une lutte contre l’État lui-même.
Source : France Inter
