Sébastien Martin : le « Made in Europe » à la rescousse d’un RN en quête de crédibilité ?
Le fait principal
Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie, s’apprête à faire bouger les lignes du « Made in Europe » lors d’une réunion cruciale à Bercy, où il réunira des industriels européens pour discuter de l’Industrial Accelerator Act (IAA) de la Commission européenne.
Ce qui s’est passé
Six mois après la présentation de l’IAA, qui vise à instaurer une « préférence européenne » dans les marchés publics, les négociations s’intensifient. Martin, soutenu par des figures comme l’ancien patron d’Airbus Louis Gallois, cherche à clarifier la position française face à une vision de la Commission jugée trop permissive. En effet, l’IAA pourrait étendre cette préférence à 90 pays, transformant ainsi une initiative de protection en un simple « Made with Europe ».
Le contexte
L’objectif affiché de l’IAA est de protéger les secteurs industriels à forte intensité énergétique, notamment l’automobile, de la concurrence étrangère. Pourtant, la France, avec l’Italie, a déjà mis en place une position commune pour restreindre cette préférence, craignant que la Commission ne dilue l’efficacité de la me en incluant des pays tiers ayant des accords de libre-échange.
Les chiffres à retenir
Un rapport du cabinet Trendeo révèle que 54% des investissements annoncés depuis 2016 proviennent de groupes dont le siège est situé hors de l’Union européenne. Ce chiffre grimpe même à 59% pour le secteur des batteries, où les investissements chinois surpassent ceux de l’Allemagne et de la France réunies.
Ce que cela révèle
Derrière le discours de protection, une réalité bien plus complexe se dessine. La France veut des usines, mais les chiffres montrent que le cadre actuel favorise les investissements étrangers. Une incohérence qui pourrait faire sourire ceux qui se battent pour un véritable « Made in Europe », alors que la réalité ressemble plus à un « Made with Europe ». La contradiction est d’autant plus piquante quand on sait que les promesses de création d’emplois et de maintien de la production sur le sol européen se heurtent à un mur de données peu flatteuses.
Ce qu’il faut retenir
Sébastien Martin et ses alliés européens tentent de réorienter l’IAA vers une véritable protection des industries européennes. Cependant, les chiffres et les réalités du marché montrent que le chemin est semé d’embûches. Entre promesses et faits, le débat sur le « Made in Europe » pourrait rapidement devenir un exercice de communication plus qu’une véritable stratégie industrielle.
