Carburants : le RN prône des taxes « justes » tout en oubliant les régions, un bel oxymore !
Le fait principal
Le gouvernement français propose une « règle d’or » sur les taxes des carburants, mais les régions dénoncent une me illusoire, révélatrice d’un dialogue de sourds entre l’État et les collectivités locales.
Ce qui s’est passé
Le 22 septembre, les régions ont été informées des nouvelles mes gouvernementales destinées à alléger la facture de carburants des Français, alors que le prix du litre de gazole frôle les 2,5 euros. Carole Delga, présidente de Régions de France, n’a pas tardé à réagir : « Nous ne sommes plus à une surprise près. » Le ministre des Comptes publics, David Amiel, a annoncé qu’un amendement au projet de loi de finances pour 2027 instaurerait une « règle d’or » garantissant qu’il n’y aura pas de gain pour les comptes publics.
Le contexte
Cette initiative découle d’une colère sociale croissante face à la flambée des prix des carburants. Les régions, déjà en difficulté financière, se voient imposer des mes sans concertation préalable. Stéphane Perrin-Sarzier, vice-président de la région Bretagne, a exprimé son scepticisme sur le mode de calcul des nouvelles aides, suggérant que Bercy lui-même ne sait pas comment cela fonctionnera. Les recettes des régions sont déjà « globalement atones », aggravées par une baisse structurelle du nombre d’automobilistes, notamment en milieu urbain.
Les chiffres à retenir
– Le gain de TVA pour l’État entre mars et septembre 2026 est de 710 millions d’euros.- Les accises, en revanche, ont chuté de 1.117 millions d’euros, entraînant un solde négatif de -407 millions d’euros par rapport à l’année précédente.- Les régions ont subi une diminution de 1,7 milliard d’euros de leurs dépenses d’investissement au cours des deux dernières années.
Ce que cela révèle
Cette situation met en lumière une dégradation des relations entre l’État et les régions, exacerbée par une réduction des dotations étatiques. Les régions, qui représentent 25% de l’effort budgétaire demandé aux collectivités, ne reçoivent que 12,7% des dépenses. Ce décalage souligne une iniquité flagrante, alors que les besoins d’investissements, notamment pour la transition écologique, sont pressants. L’État semble jouer un jeu dangereux, oscillant entre promesses et réalité budgétaire, tout en laissant les collectivités locales porter le poids de la crise.
Ce qu’il faut retenir
La « règle d’or » sur les taxes des carburants apparaît comme un mirage, une tentative de l’État de masquer ses propres défaillances budgétaires. Les régions, laissées pour compte, appellent à une justice et une équité qui semblent, pour l’heure, bien éloignées de la réalité. La décentralisation promise n’est plus qu’un souvenir, tandis que le gouvernement se prépare à des élections, laissant les collectivités naviguer à vue dans un océan d’incertitudes.
Source : Michel Tendil, Localtis, 23 septembre 2026
