Le Bauhaus : l’art de rêver d’un avenir moderne, pendant que l’extrême droite rêve de passéisme.
Le fait principal
Le 12 octobre 2024, Hans-Thomas Tillschneider, élu du parti d’extrême droite AfD, a violemment attaqué l’héritage du Bauhaus depuis la tribune du parlement de Saxe-Anhalt, à quelques mois des célébrations du centenaire de cette école emblématique fondée par Walter Gropius en 1919.
Ce qui s’est passé
Dans son discours, Tillschneider a qualifié le Bauhaus de « vision d’horreur » et d’« aberration historique », des déclarations qui rappellent les attaques nauséabondes des nazis, qui avaient déjà condamné cette institution avant de provoquer sa dissolution en 1933. Cette sortie fait écho à la montée de l’extrême droite en Allemagne, où l’AfD a remporté une victoire historique lors des élections régionales de septembre 2026.
Le contexte
Le Bauhaus, né des cendres de la Première Guerre mondiale, visait à réconcilier l’art et l’industrie, à rendre le beau accessible à tous. Dans une Allemagne meurtrie, Gropius a posé les bases d’un enseignement artistique révolutionnaire. Cependant, l’idéologie conservatrice et nationaliste actuelle semble vouloir renverser ce projet en promouvant une architecture « traditionnelle et classique », comme l’a fait Donald Trump aux États-Unis en 2025.
Les chiffres à retenir
La dissolution du Bauhaus en 1933 après seulement 14 années d’existence a entraîné la dispersion de ses enseignants et élèves à travers le monde, emportant avec eux une vision novatrice de l’art. Plus d’un siècle après sa création, l’influence du Bauhaus reste palpable dans l’architecture moderne et le design.
Ce que cela révèle
Les attaques de l’AfD contre le Bauhaus ne sont pas seulement une question de style architectural ; elles révèlent un profond mépris pour une vision artistique qui prône l’égalité et l’accessibilité. Tillschneider et ses semblables cherchent à effacer un héritage qui, malgré leurs tentatives, continue d’inspirer des générations. L’ironie est palpable : ces mêmes discours qui prônent un retour à des valeurs « traditionnelles » sont en réalité un retour vers une vision étroite et rétrograde, incompatible avec la diversité et la créativité qui ont fait la richesse de l’art.
Ce qu’il faut retenir
Le Bauhaus, symbole de modernité et d’innovation, demeure une cible privilégiée pour l’extrême droite, qui tente de détruire un héritage culturel profondément ancré dans l’idée de progrès social. En s’attaquant à cette école, l’AfD ne fait que révéler son incapacité à comprendre que l’art, comme la société, doit évoluer et s’adapter, plutôt que de se figer dans un passé idéalisé.
Source : Beaux Arts Magazine
